ALGÉRIE
30/03/2019 14h:22 CET

Des milliers de Gazaouis manifestent près de frontière de leur enclave

Mohammed Salem / Reuters

Des milliers de Palestiniens ont convergé ce 30 mars vers la frontière de leur enclave. Les Gazaouis sont appelés à se rassembler en masse non loin de l’hermétique barrière frontalière lourdement gardée par les soldats israéliens.

Il s’agit de marquer le premier anniversaire d’une mobilisation baptisée les “grandes marches du retour” réclamant leur droit aux retour à leurs terres confisquées par l’occupant. 

Entre les différents lieux de rassemblement, des milliers d’habitants de l’enclave coincée entre Israël, Egypte et Méditerranée, ont pris la direction de la frontière sous les drapeaux palestiniens aux couleurs noire, blanche, verte et rouge.

A Malaka, à l’est de la ville de Gaza, la plupart des manifestants se sont tenus à distance de la barrière pour rester hors de portée des tireurs d’élite israéliens. 

Un Palestinien tué 

Preuve des dangers courus près de la frontière, un Palestinien de 20 ans a été tué par des tirs israéliens alors qu’il prenait part, selon des témoins, à une manifestation nocturne à plus de cent mètres de la barrière, avant le début de la grande mobilisation. 

Les appels se sont succédé pour une protestation non-violente. Le spectre d’une nouvelle guerre a resurgit ces dernières semaines entre Israël et le mouvement de résistance palestinien Hamas. Ce serait la quatrième depuis 2007. 

La question est de savoir si le Hamas cherchera à contenir les actes de violence contre l’armée israélienne ou s’il leur laissera libre cours. 

Malgré les appels au calme des organisateurs, “on va à la frontière, même si on doit y mourir”, dit Yousef Ziyada, 21 ans, le visage peint aux couleurs palestiniennes. 

Nous sommes ici à Abou Safia, à l’est de Jabaliya, pour faire partir les juifs de notre terre”, dit-il. “Nous retournerons sur nos terres”, dit-il. 

Depuis le 30 mars 2018, des milliers de Gazaouis manifestent toutes les semaines pour réclamer la levée du strict blocus qu’Israël impose depuis plus de dix ans à Gaza, et le droit de revenir sur les terres dont ils ont été chassés à la création d’Israël en 1948. 

Au moins 259 Palestiniens ont été tués depuis cette date, la plupart lors des “marches du retour”, les autres dans des bombardements israéliens.

Dizaines de tireurs d’élite  

L’armée israélienne a déployé des milliers de soldats, des dizaines de tireurs d’élite ainsi que des chars et de l’artillerie à la frontière avec l’enclave assiégée. 

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a prévenu que son pays était prêt à mener une opération “d’envergure” si nécessaire. Mais il a aussi laissé entendre qu’il comptait laisser sa chance à une médiation égyptienne. 

Des pourparlers ont eu lieu vendredi sous l’égide de l’Egypte, intermédiaire traditionnel entre le Hamas et Israël. Une délégation égyptienne s’est rendue samedi sur les lieux de la mobilisation. 

Le Hamas cherche dans les tractations à alléger le blocus israélien qui étouffe la bande de Gaza éprouvée par les guerres et la pauvreté. 

Ailleurs dans les Territoires palestiniens et en Israël même, Palestiniens et Arabes israéliens sont appelés ce samedi à prendre part à la “Journée de la terre”, hommage annuel à six Arabes israéliens tués en 1976 lors de manifestations contre la confiscation de terres par l’Etat hébreu.