ALGÉRIE
30/03/2019 11h:10 CET | Actualisé 30/03/2019 11h:14 CET

Des militantes pour les droits des femmes agressées à Alger

Plusieurs militantes pour les droits des femmes ont été agressées, insultées et harcelées hier, vendredi 29 mars 2019 à Alger durant la manifestation hebdomadaire pour le changement de régime.

Une des agressions a eu lieu vers 12H30 devant la Librairie de l’Office des publications universitaires (OPU), selon un témoin oculaire. Plusieurs femmes, jeunes filles, brandissaient des pancartes jaunes et scandaient des slogans pour les droits des femmes en Algérie.

Un homme, qui a déclaré être un habitant du quartier, a d’abord commencé à les provoquer et à exciter de jeunes manifestants arrivés devant l’entrée de la Faculté centrale. Face à l’impassibilité des militantes, il leur a arraché, avec d’autres jeunes, leurs pancartes et leurs banderoles..  

Selon une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux, une autre femme a été agressée, cette fois-ci en face de la Faculté centrale, devant le Centre culturel de la rue Didouche. 

Un homme lui a arraché une pancarte ou une affiche de ses mains avant de s’éloigner et de la déchirer, malgré la présence de plusieurs éléments de la police, témoins de la scène sans pour autant intervenir. Ce qui n’a pas manqué de susciter l’indignation et d’aggraver la colère de la jeune femme.

Quelques-unes des victimes sont revenues sur ces agressions, dans une vidéo publiée sur la page Femmes Algériennes pour un Changement vers l’Egalité. “Aujourd’hui, j’ai eu le sentiment que ce pays n’est pas le mien”, a déclaré l’une d’elles. “Ils m’ont dit ce n’est pas votre place, ce n’est pas le moment”.

“Toute la société souhaite un changement et la démocratie mais dès que nous  demandons nos droits de femmes, nous ne sommes plus algériennes pour eux”, poursuit une autre. 

Elles ont ainsi regretté que toutes les classes de la société et différents corps de métiers “ont été autorisées” à manifester sans incidents notables ces dernières semaines tandis qu’un “carré féminin d’à peine quelques mètres est accusé de “provoquer la séparation” et de “semer la division”.

 Ces agressions ont suscité la colère de plusieurs citoyens, qui ont dénoncé ces actes sur les réseaux sociaux. Certains dénoncent “la hogra” et des actes sexistes tandis que d’autres relèvent les “arguments rétrogrades” des agresseurs.