MAROC
11/09/2018 17h:57 CET | Actualisé 11/09/2018 18h:01 CET

Retours à chaud: Les migrants subsahariens renvoyés de Sebta ont été jugés et condamnés au Maroc

Une première dans le royaume.

Fabian Bimmer / Reuters

MIGRATION - C’est un procès sans précédent qui s’est tenu hier, dans la ville de Tétouan. Devant le Tribunal de première instance ont comparu 18 migrants d’origine subsaharienne, rapporte l’Association Mains solidaires sur son compte Facebook, notamment pour avoir fait acte de violence, eu recours à la force, effectué des jets de pierre sur les forces de police et porté des armes blanches. Chaque migrant a été condamné à 2 mois de prison ferme et à une amende de 500 Dhs, poursuit l’association.

De son côté, la section Nador de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) évoque un “jugement de la honte”:

Les migrants jugés et condamnés à Tétouan faisaient partis des quelque 116 migrants expulsés fin août de Sebta vers le Maroc, après être passés de force dans l’enclave espagnole en juillet dernier. 132 migrants et 22 policiers espagnols avaient alors été blessés.

Suite au jugement rendu ce lundi 10 septembre, l’association Mains solidaires, qui indique par ailleurs qu’elle soutient les personnes poursuivies en mettant à leur disposition leur avocat, s’interroge sur les raisons de la réactivation de l’accord de circulation et de réadmission des étrangers. Signé entre l’Espagne et le Maroc en 1992, celui-ci a été réactivé le 23 août dernier à l’initiative de l’Espagne. Une démarche qui n’a pas manqué de faire réagir les défenseurs des droits de l’homme.