MAROC
11/12/2018 14h:53 CET | Actualisé 11/12/2018 17h:17 CET

Des membres du groupuscule français d'extrême-droite Génération Identitaire auraient été arrêtés à Marrakech

Ils se sont rendus dans la ville ocre pour dénoncer le pacte de l'ONU et dire “stop à l’immigration massive”.

Twitter

MIGRATION - Avant même son adoption, actée ce 10 décembre à Marrakech devant 150 États membres des Nations Unies, le pacte mondial sur les migrations suscitait de nombreuses controverses et fake news de l’autre côté de la Méditerranée. Le groupuscule français d’extrême-droite Génération Identitaire s’est rendu à Marrakech ce 11 décembre pour dénoncer le pacte et dire “stop à l’immigration massive”.

Après les gilets jaunes, le mouvement de contestation lancé il y a plusieurs semaines contre la politique du président français Emmanuel Macron, c’est au tour de Génération Identitaire de s’insurger contre ce texte, qui vise à réaffirmer les valeurs et principes contenus dans la Charte des Nations Unies et la Déclaration universelle des droits de l’Homme.

En fin de matinée, le porte-parole du groupe, Romain Espino, faisait savoir sur Twitter la présence de Génération Identitaire au Maroc. “La conférence intergouvernementale organisée par l’ONU s’achève cet après-midi. Nous nous opposerons partout à ceux qui trahissent les intérêts de la France et de l’Europe!”, soulignait-il dans son tweet avant d’annoncer, quelques temps après, l’interpellation de ses membres par la police marocaine. 

Si de nombreux internautes continuent d’afficher leur soutien à Génération Identitaire après cette annonce, d’autres, en revanche, n’ont pas hésité à la tourner en dérision.

Plusieurs actions polémiques en France contre la migration

Il n’y a rien de surprenant à savoir la présence du groupe d’extrême-droite à Marrakech. Génération Identitaire s’est plusieurs fois fait remarquer en France pour ses actions contre la migration. En octobre dernier, une vingtaine de militants faisaient irruption au siège de l’association humanitaire SOS Méditerranée à Marseille (sud-est). Ils avaient déployé une banderole sur laquelle était écrit “SOS Méditerranée complice du trafic d’êtres humains” avant d’être interpellés, là aussi, par la police. 

Quelques mois plus tôt, en avril 2018, le groupuscule d’extrême-droite s’était donné une mission: “Defend Europe” (“Défendre l’Europe”). Après avoir appelé des militants sur tout le vieux continent, le groupuscule avait rejoint la frontière franco-italienne dans les Hautes-Alpes pour faire barrage aux migrants qui essayaient de la franchir après un long périple. Ils avaient installé des grillages en plastique pour les empêcher de rentrer sur le sol français, et des panneaux sur lesquels on pouvait lire: “Vous ne ferez pas de l’Europe votre pays”, “Rentrez dans votre pays”.

Pour comprendre ses idéologies et son fonctionnement, la chaîne Al-Jazeera a récemment diffusé un reportage sur le groupuscule, appelé “Génération haine”. Un reportage tourné à Lille, dans le nord de la France, par un journaliste qui a infiltré le groupe d’extrême-droite. “Racisme, violence, salut nazis”, sont au programme