ALGÉRIE
17/03/2018 10h:44 CET | Actualisé 17/03/2018 11h:36 CET

Des médecins résidents agressés à l'arme blanche à Annaba

Selon un communiqué du CAMRA, les victimes ont également été menacées de mort.

Des médecins résidents et paramédicaux du Centre hospitalo-universitaire (CHU) Ibn Rochd, à Annaba, ont été agressés à l’arme blanche vendredi 16 mars 2018. Le Collectif autonome des médecins résidents algériens (CAMRA) a annoncé dans un communiqué la décision des victimes de cette attaque de “suspendre toute activité dans les pavillons d’urgence jusqu’à ce que les autorités locales mettent fin à cette situation”.

Les médecins résidents du CHU Ibn Rochd à Annaba ont exprimé hier leur ras-le-bol de “travailler dans des conditions qui mettent leurs vies en danger”.

 

 

Vendredi, à 04H00 du matin selon des témoignages, une équipe médicale de garde a été agressée à l’arme blanche. Les assaillants étaient également armés de pompes lacrymogènes et de tasers. 

Les mêmes sources expliquent qu’un agent de sécurité a subi un traumatisme crânien tandis qu’une infirmière a reçu un coup de couteau au visage. Des membres de l’équipe médicale de garde témoignent également d’un cas de détresse respiratoire chez une patiente internée.

Selon un communiqué du CAMRA, les victimes ont également été menacées de mort.

Dans le même document, adressé au wali d’Annaba, Mohamed Salamani, le CAMRA a annoncé la décision des médecins résidents et internes de “suspendre toute activité à compter de l’émission du communiqué au niveau de tous les pavillons d’urgence”. 

Les médecins, qui ont également appelé les autorités à mettre fin à cette situation, approchent leur 5e mois de grève. 

Ils s’insurgent contre le fait qu’ils soient affectés d’office dans des régions isolées pour travailler dans une infrastructure publique durant au moins deux années sans que leurs situations familiales ne soient prises en considération. Ils revendiquent, notamment la révision du service civil dans sa forme actuelle.

Les grévistes se plaignent des conditions de travail difficiles au niveau des régions vers lesquelles ils sont généralement affectés. Des conditions difficiles qui se caractérisent, notamment par l’absence de logements, de moyens de transports ou encore de moyens propres à leurs métiers et même d’agents paramédicaux.

Face au “mutisme” des autorités et au “manque de sérieux” de la tutelle durant les négociations notamment, le CAMRA a annoncé jeudi un durcissement du mouvement de protestation, faute de “réponses concrètes”.

Le Collectif a annoncé à Alger un arrêt de toute activité hospitalière journalière, de 08H à 16H en maintenant les gardes d’urgence de 16H à 08H. 

 

 La même organisation, en réponse aux menaces des autorités d’exclure des médecins, menace également de recourir à une solution extrême, en l’occurrence la démission collective.

 

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