ALGÉRIE
16/08/2018 12h:56 CET | Actualisé 16/08/2018 15h:44 CET

Des enseignants-chercheurs écartés "sans raison" d'un programme de bourses à l'étranger

DR

Des dizaines d’enseignants-chercheurs, issus du système classique et inscrits à une 6e année de doctorat, affirment avoir été exclus “sans explication” par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique du programme national exceptionnel (PNE) offrant des bourses de formations à l’étranger. 

Dans une lettre dont le HuffPost Algérie détient une copie, ces enseignants-chercheurs appellent le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Tahar Hadjar, à reconsidérer le problème de cette catégorie et d’intervenir face à cette exclusion “inéquitable” et “injuste”. 

Ces enseignants-chercheurs, qui se sont constitués en collectif, ont tenu ce jeudi 16 août 2018 un sit-in devant le siège du ministère de l’Enseignement supérieur.

Des centaines de doctorants ont soumis en mai 2018 leurs candidatures au programme national exceptionnel (PNE) pour l’année universitaire 2018-2019, auprès de leurs facultés et départements respectifs pour parachever les travaux de leurs thèses de doctorats dans un établissement d’enseignement ou un laboratoire scientifique étranger.

Après l’approbation de leurs dossiers par les Conseils scientifiques des universités, ils se sont entretenus début juillet avec un comité d’évaluation du ministère de l’Enseignement supérieur.

La procédure suivait un bon déroulement et les candidats ont même été “rassurés par différentes instances du secteur”, expliquent ces enseignants-chercheurs. Certains ont été appelés à compléter leurs dossiers et le ministère a même attesté de la conformité administratives des candidatures. 

Toutefois, fin juillet, une cinquantaine de candidats, issus du système classique et inscrits en 6e année de Doctorat ont constaté avec surprise avoir été exclus, sans explication ni justificatif, de ce programme de bourse.

Exigeant vainement des explications à la tutelle, dont le Directeur de la Coopération et des Echanges Inter-Universitaires, Arezki Saidani, les enseignants-chercheurs exclus ont décidé de s’adresser au premier responsable du secteur dans une lettre.

Dans cette lettre, ils ont rappelé à M. Tahar Hadjar avoir déjà été privés de participer lors de la précédente édition, en 5e année, à ce programme, qui n’était ouvert qu’aux enseignants-chercheurs inscrits en 7e et 8e année de doctorat. 

Les enseignants-chercheurs exclus ont souligné que les doctorants en 6e année, issus du système classique, ne recevront pas un certificat de scolarité lors de la prochaine rentrée universitaire. Leur étonnement face à cette exclusion est d’autant plus grand que ce programme a déjà octroyé des bourses aux doctorants inscrits en 6e année lors de l’année universitaire 2015-2016.

Le collectif regrette également que leurs confrères en 5e année de Doctorat de 3e cycle du système LMD se sont vus octroyés des bourses, qualifiant cette situation “d’inéquitable”. Les enseignants-chercheurs, qui affirment s’être toujours inscrits selon les règles énoncées, qualifient même cette attribution de dérogation, citant l’arrêté n°250 du 28juil 2009 modifié et complété par arrêté n°547 du 02 juin 2016.

Ils s’inquiètent notamment de l’état d’avancement de leurs thèses de doctorats, entravé par “un manque de matériaux et d’instruments au niveau des laboratoires de recherche des universités algériennes”. Après avoir déposé un recours face aux résultats de ce programme, ils ont exigé l’intervention du ministre, pour qu’il “reconsidère le problème de cette catégorie” et d’intervenir face à ce problème.

Une exclusion “injustifiée et injuste” qui a poussé, début août, ces enseignants à tenir plusieurs sits-in devant le siège du ministère de la Santé. Ils ont réitéré cette protestation ce jeudi 16 août 2018, apprend-on auprès d’un enseignant-chercheur à l’Université des Sciences et technologies Houari Boumediene de Bab Ezzouar.

Contacté par le HuffPost Algérie pour obtenir des explications à propos de ce que ces enseignants-chercheurs qualifient d’exclusion, le Directeur de la Coopération et des Echanges Inter-Universitaires, Arezki Saidani, est resté injoignable.

Plus d’infos à suivre ...