ALGÉRIE
28/02/2019 13h:28 CET | Actualisé 01/03/2019 10h:54 CET

Des dizaines d'interpellations musclées lors du rassemblement des journalistes contre la censure

Rassemblement des journalistes des différents organes de la presse algérienne ce jeudi 28 février un à la Place de la Liberté de la Presse à la rue Hassiba Benbouali

RYAD KRAMDI via Getty Images

Le rassemblement des journalistes des différents organes de la presse algérienne ce jeudi 28 février à la place de la Liberté de la Presse Hassiba Benbouali a été marqué par une répression musclée des forces de l’ordre et plusieurs interpellations.

Les journalistes qui ont tenu ce sit-in dénoncent les restrictions fermes de leurs responsables pour ne pas rapporter l’actualité en relation avec les manifestations pacifiques contre le cinquième mandat du président Abdelaziz Bouteflika.

Plusieurs journalistes de la Radio nationale, de la télévision algérienne, des chaines de télévision privées Ennahar et El-Chourouk, qui ont été empêché de couvrir la manifestation pacifiques du vendredi 22 février, étaient présents ce matin au rassemblement.

Soutenus par plusieurs confrères, ces journalistes ont scandé “non à la criminalisation de la presse” ou encore “quatrième pouvoir et non un pouvoir asservi”, réclamant la volonté d’exercer leur métier en toute liberté.

Dès le début du sit-in les forces de l’ordre ont formé un bouclier humain autour de la foule de journalistes pour les canaliser au milieu de la place. Plusieurs journalistes, notamment des caméramans ont été interpellé. Certains ont été relâché et d’autres emmenés dans les camions de police.

 Selon certains journalistes de la télévision Algérienne, l’ambiance au niveau des rédactions reste tendue. Les journalistes maintiennent la pression et la volonté de couvrir les manifestations contre le cinquième mandat notamment la marche prévue ce vendredi 1er Mars.

Ils rejettent fermement les positions de leurs médias de garder le silence face à une actualité aussi importante qui marque un tournant dans l’histoire de l’Algérie, estiment les journalistes manifestant.

Après une courte accalmie, les journalistes ont repris leur slogan ”une presse libre”, “la liberté de presse, est un faux slogan” ou encore “non à la censure”.

Le ministre de l’information Djamel Kaouane a marqué une courte apparition au rassemblement des journalistes. Sa présence a provoqué la colère des journalistes présents au rassemblement

Le mouvement de contestation des journalistes a commencé le 26 février, par un sit in des journalistes de la radio nationale après l’impasse de leurs médias sur les évènements du vendredi 22 février. Il s’est poursuivi par un rassemblement hier 28 février des journalistes de la télévision algérienne pour revendiquer le droit d’informer.


L’absence de la couverture des médias publics et certains médias privés ont été fortement critiqué lors des manifestations pacifiques notamment celle du dimanche 24 février. Les manifestants ont dénoncé le silence des médias publics à la déformation de leur revendication par certains médias privés.

Les journalistes interpellés lors du rassemblement ont été relaché en fin de journée.