MAROC
28/03/2018 13h:05 CET

Des débris d'une ancienne station spatiale chinoise pourraient tomber sur le Maroc

Sortez couverts!

VCG via Getty Images

SCIENCE - Le ciel va-t-il bientôt nous tomber sur la tête? Des débris d’une ancienne station spatiale chinoise pourraient s’écraser dans les prochains jours sur certaines zones de la surface de la Terre, et le Maroc fait partie des pays susceptibles d’être touchés.

Lancée en orbite en 2011, la première station spatiale chinoise, baptisée Tiangong-1, est inactive depuis 2013 et ne répondrait plus au centre de contrôle chinois depuis deux ans. De la taille d’un bus, elle se dirige actuellement vers la surface de la Terre, hors de contrôle. Sa désintégration dans l’atmosphère devrait avoir lieu entre le 31 mars et le 3 avril, très probablement le 1er avril, selon divers centres d’observation spatiale internationaux.

Si la plupart des composants de la station devraient brûler et disparaître lors de leur entrée dans l’atmosphère, certains objets pourraient résister, “tels les réservoirs à carburant ou les moteurs en acier inoxydable ou en titane”, indique Stéphane Christy, expert au Centre national d’étude spatiale (CNES) de Toulouse en France, pays également concerné par cet événement. “Ils percuteront le sol seulement quelques minutes ensuite”.

La zone terrestre survolée actuellement par la station est comprise approximativement entre 42,8° nord et 42,8° sud, soit une large bande allant du sud de l’Europe au sud de l’Afrique, en passant par l’Equateur. Problème: le point d’impact des débris de l’engin spatial qui n’auront pas été désintégrés dans l’atmosphère ne pourra être connu que quelques heures avant la chute, selon le CNES. 

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La carte montre l'actuelle position et l'orbite de Tiangong-1. Les points d'impact des potentiels débris de la station spatiale pourraient figurer dans la zone couverte par les courbes jaunes.

La chute de la station spatiale chinoise est néanmoins suivie en temps réel par divers radars et les plus curieux peuvent également suivre l’événement en direct sur des sites spécialisés.

Selon Christophe Bonnal, expert des débris spatiaux au CNES interrogé par RTL, l’engin de 8,5 tonnes, qui mesure 10 mètres de long sur 3 mètres de large “sera capturé par l’atmosphère vers 100 ou 110 km d’altitude. Il lui restera alors 20 ou 30 minutes de descente, que l’on appelle la rentrée atmosphérique. (...) Vers 80 km d’altitude, les panneaux solaires vont se détacher, puis les antennes et les différents éléments qui ressortent”.

Après l’échauffement subi par la station, seuls “10 à 20% de la masse” devraient survivre à la rentrée dans l’atmosphère. Ainsi, pour Tiangong-1, “on peut s’attendre à ce qu’il y ait 800 kg qui survivent. Probablement sous la forme d’une dizaine ou d’une vingtaine de gros débris, des réservoirs de 30 kg en titane”, précise l’expert.

VCG via Getty Images
Un prototype du module spatial sans pilote fabriqué par la Chine, Tiangong-1, avant la 8e exposition internationale de l'aviation et de l'aérospatiale de la Chine au Airshow Center le 15 novembre 2010 à Zhuhai, province chinoise de Guangzhou.

Pas de grosse inquiétude à avoir cependant. La Terre étant constituée à 70% d’eau et 20% de désert, de forêt ou de jungle, le risque que les débris tombent sur un endroit habité est infime.

“La probabilité d’être touché personnellement par un morceau de débris du Tiangong-1 est en réalité 10 millions de fois inférieure à la probabilité annuelle d’être frappé par la foudre”, indique l’Agence spatiale européenne qui rappelle que dans l’histoire du vol spatial, aucune victime due à la chute de débris spatiaux n’a jamais été confirmée.

Seule une femme affirme avoir été blessée par un débris spatial, en 1996, dans l’Oklahoma aux États-Unis. Un objet métallique de 15 cm provenant d’une fusée Delta II était tombée sur son épaule. Il s’agissait d’une pièce de réservoir de carburant de l’engin spatial.

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