TUNISIE
19/06/2019 17h:45 CET

Des chercheurs ont trouvé comment transformer du sang de type A en donneur universel

Cette technique pourrait grandement augmenter l’approvisionnement mondial en sang.

Westend61 via Getty Images
En France, 10.000 dons sont nécessaires chaque jour selon l'Établissement français du sang. 

SCIENCE - Cela pourrait bien s’inscrire comme une avancée majeure pour de nombreux malades ainsi que pour les établissements du sang. Des chercheurs à l’Université de la Colombie-Britannique, au Canada, sont parvenus à transformer du sang de type A en O-, le groupe des donneurs universels. 

Dans un article publié le 10 juin dans la revue Nature Microbiology, les scientifiques reviennent sur le procédé. Ils expliquent avoir utilisé une enzyme bactérienne (flavonifractor plautii) trouvée dans l’intestin afin de modifier des globules rouges de type A en globules universels de type O.

“C’est une première. Si ces données peuvent être reproduites, c’est assurément  une avancée majeure, déclare Harvey Klein, un expert américain en transfusion sanguine extérieur à l’étude, cité dans la revue Science.

Pour comprendre le fonctionnement de cette technique, il faut avoir en tête que le type de sang d’un individu est déterminé par le type d’antigènes présents sur la surface de ses globules rouges et le type d’anticorps dans le plasma.

Ainsi, si on donne à une personne de type B du sang de type A, alors, les antigènes A contenus dans le sang transfusé déclencheront un rejet de la part du corps, conduisant à une mort potentielle. L’enzyme découverte par les chercheurs permet donc de supprimer l’antigène A et de le transformer en H, celui présent dans le sang des donneurs universels.

Une technique à peaufiner

Cette prouesse pourrait donc permettre de multiplier prodigieusement les stocks de sang dans les établissements spécialisés. 

Pour Stephen Withers, chercheur en charge de l’étude, il reste encore des éléments à confirmer. Il faut notamment être certain que les enzymes n’altèrent pas la qualité du sang.

Pour le moment, les scientifiques de l’Université de la Colombie-Britannique se sont principalement penchés sur la conversation du sang du groupe A (plus commun que le B). Leurs attentes sont grandes, et elles ont de quoi l’être. 

Développer cette capacité ”élargirait les réserves de sang et atténuerait les pénuries”, conclut le spécialiste en biologie chimique. Pour le million de malades soignés chaque année grâce au don de sang, cette technique est porteuse d’espoir. 

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