ALGÉRIE
19/04/2018 16h:01 CET | Actualisé 19/04/2018 21h:04 CET

Des bandes armées de chiens et de sabres attaquent les migrants à Oran (Alerte LADDH)

Les bandes attaquent après chaque opération de rapatriement des services de sécurité.

Zohra Bensemra / Reuters

 

En ce jeudi 19 avril 2018, la Ligues algérienne de défense des droits de l’homme lance un SOS.

A Oran, les migrants sub-sahariens qui habitent le quartier des Amandiers et le quartier Ain Beida ont été de manière répétitive attaqués par des bandes de malfrats qui arrivent “encagoulés, accompagnés de chiens, armés de sabres et d’épées”.

C’est le cri d’alerte que lance aujourd’hui, jeudi 19 avril, la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH) qui parle d’agressions, de vols, de violences et même de viols “sans qu’aucune autorité n’intervienne”.

La peur est telle parmi les migrants qu’ils en sont arrivés au point de demander à être “regroupés dans un centre où l’Etat algérien peut assurer leur sécurité en attendant les dispositions de retour dans leur propre pays”, affirment les militants du bureau d’Oran de la Ligue.

Said Bouddour, représentant du bureau de la LADDH et du Snapap (Syndicat national autonome du personnel de l’administration) à Oran explique que ces agressions en bande se passent toujours immédiatement après le départ des services de sécurité du quartier lorsqu’ils ont achevé une “opération de rapatriement”.

Said Bouddour affirme qu’il a été personnellement destinataire des appels de détresse de nombreux migrants, la plupart des femmes, “certaines sont enceintes et certaines ont des bébés, vous imaginez à quel point elles sont vulnérables”.

“Les bandes de malfrats s’apprêtent à attaquer à chaque fois qu’ils ont vent d’une opération de rapatriement, ils attendent que les services de sécurité aient fini et ensuite ils pénètrent dans les maisons pour piller”, explique Said Bouddour.

Le représentant de la LADDH affirme qu’il a personnellement recueilli le témoignage de plusieurs femmes mais aussi de jeunes hommes qui ont été victimes de viols par ces bandes criminelles.

Pour la LADDH “c’est parce qu’il y a eu une politique très agressive envers les migrants déclenchée par les autorités lors des expulsions collectives que des bandes criminelles ont compris cela comme une invitation et une permission à se comporter sans aucune retenue, avec violence et dans l’impunité totale”.

L’alerte lancée aujourd’hui par la LADDH est adressée au ministre de l’Intérieur, au wali d’Oran, au directeur de wilaya de la sûreté nationale et au responsable de wilaya de la gendarmerie nationale.

La Ligue conclut en faisant assumer “toute la responsabilité de ce qui peut advenir comme crime ou violence envers les migrants sub-sahariens à partir de cette nuit même aux autorités car il est de leur devoir la sécurité de ces personnes sans défense”.

Une vidéo qui a été communiquée au HuffPost Algérie par le représentant de la Ligue des droits de l’homme, réalisée par un migrant avec son téléphone portable lors d’une “opération de rapatriement” montre les conditions insupportables dans lesquelles les migrants sont transportés lors des expulsions.

Cette vidéo a été faite lors d’un transport de la ville de Tamanrasset vers la frontière. Les images se passent de commentaires.