MAROC
26/06/2018 17h:22 CET

Dernière ligne droite: le procès du Hirak entame sa phase finale

Le verdict est attendu très bientôt.

Youssef Boudlal / Reuters

PROCÈS - Après plus de 84 audiences, le procès des détenus du Hirak du Rif arrive au bout du tunnel. Le comité de défense estime, en tout cas, que le verdict sera prononcé incessamment. Ce mardi, l’audience s’est ouverte à 15h à la Cour d’appel de Casablanca, comme à l’accoutumée, pour donner la parole aux détenus. L’avocat Mohamed Aghnaj explique sur sa page Facebook qu’il s’agit d’une audience épilogue suite à laquelle le dossier sera soumis directement aux délibérations.

Cette audience fait suite à une autre tenue la veille et dont l’ordre du jour a été consacré à la plaidoirie de la défense du journaliste Hamid El Mahdaoui. A son issue, le juge présidant l’audience a décidé de détacher le dossier du journaliste de celui des autres détenus du Hirak. Il sera donc traité à part, comme l’avaient clamé, au tout début, la défense de Hamid El Mahdaoui dont le procès se poursuivra jeudi 28 juin.

Cette dernière étape qu’entame le procès arrive aussi suite à la décision prise par les 49 détenus du Hirak le mardi 12 juin. Ils ont décidé de boycotter d’une manière unanime leur propre procès. Une décision écrite et signée par l’ensemble des détenus et dont le but est d’exprimer leur protestation contre  “le déroulement du procès et les failles ayant remis en question les principes du procès équitable”. Dans leur décision, adressée au président de l’audience et relayée par leur comité de défense, les détenus ont estimé qu’ils n’avaient plus aucun “autre choix”.

Leurs avocats, eux, ont annoncé qu’ils se présenteront aux audiences, mais qu’ils y “maintiendront le silence”. Et de préciser qu’ils répondent ainsi à la demande de leurs clients qui clament toujours leur innocence des chefs d’accusations pour lesquels ils sont poursuivis.

Mohamed Ahamjik, frère de l’un de ces détenus, Nabil Ahamjik, craint le pire. Sur sa page Facebook, il prévient que le verdict sera peut-être pour ce soir, mais demande qu’on ne l’appelle pas pour un commentaire.