MAROC
29/10/2018 13h:37 CET

Déraillement de Bouknadel: Les cheminots observeront demain un sit-in et porteront un brassard rouge

Le syndicat exprime son "refus catégorique" des conclusions de l'enquête du procureur.

Getty Editorial

ONCF - Mardi 30 octobre à midi. C’est devant le tribunal de première instance (TPI) de Salé que se retrouveront les cheminots pour observer un sit-in. Dans un appel lancé par le conseil national du syndicat national des cheminots affilié à la CDT (Confédération démocratique du travail), les cheminots sont conviés à “se mobiliser massivement”. Une démarche protestataire visant à soutenir le conducteur du train qui a déraillé à Bouknadel le 16 octobre.

Suite à une enquête menée sous la supervision du procureur du roi près le TPI de Salé, ce conducteur, L.R, a été tenu pour responsable d’excès de vitesse du train (TNR) reliant Rabat à Kénitra, qui a atteint 158 km/h à l’endroit de l’accident au lieu de 60 km/h fixée comme vitesse maximale. Ce qui a causé le déraillement du train et sa collision avec le pont dans laquelle 7 personnes ont perdu la vie et 125 ont été blessées. Grièvement blessé, le conducteur est à présent poursuivi en détention provisoire pour homicide et blessures involontaires conformément aux articles 432 et 433 du code pénal.

Mais l’issue de cette enquête est remise en question par le syndicat national des cheminots qui exprime son “refus catégorique” de ces conclusions. Dans un communiqué, le syndicat dénonce les accusations qui pèsent sur le conducteur du train ainsi que sa détention et lui témoignent son “soutien inconditionnel”. Ce sit-it se veut être un cri de colère appelant à la libération de l’accusé et au rejet des poursuites. 

“La direction générale de l’ONCF doit assumer sa responsabilité”

Pour le syndicat, “la direction générale de l’ONCF doit assumer sa responsabilité dans cet accident” qu’il qualifie “d’accident de travail” estimant que “le code pénal ne devait pas se substituer à la loi sur les accidents de travail”. Et pour élargir cette démarche de protestation, le syndicat appelle les cheminots à porter un brassard rouge pendant 24 heures. 

Pour le syndicat, cet accident ferroviaire prouve, en fait, l’urgence d’améliorer les conditions de travail des cheminots surtout à deux niveaux: santé et sécurité. “Une commission santé et sécurité doit voir le jour et ses délégués doivent être impliqués dans les enquêtes liées aux accidents de travail”, insiste le syndicat. Et de rappeler, par la voie de son communiqué, que le dossier revendicatif des cheminots n’a pas encore fait l’objet d’un dialogue avec la direction générale. “Nous demandons un dialogue sérieux et responsable qui puisse aboutir à des résolutions concrètes”, revendique le syndicat.