TUNISIE
17/04/2019 14h:30 CET

Depuis 2015, le marché de gros de Bir El Kassaa sans médecin vétérinaire pour contrôler la qualité de la viande

Environ 65% des viandes en Tunisie ne sont pas contrôlées par les services vétérinaires

Zoubeir Souissi / Reuters

Le Conseil National de l’Ordre des Médecins Vétérinaires de Tunisie a alerté, mercredi, que le marché de gros de Bir El Kassaa qui approvisionne le Grand Tunis (Tunis, Ariana, Ben Arous, la Manouba) n’est pas doté d’un médecin vétérinaire pour le contrôle depuis 2015.

Les marchés de bétail ne sont pas dotés, non plus de vétérinaires et environ 65% des viandes en Tunisie ne sont pas contrôlées par les services vétérinaires, ont indiqué les médecins vétérinaires présents, mercredi, à une conférence de presse organisée par l’Union générale des médecins vétérinaires de Tunisie (UGMVT), en prévision de la célébration de la Journée mondiale vétérinaire 2019 et du Forum international vétérinaire, qui auront lieu à Yasmine Hammamet, les 20 et 21 avril 2019.

Pourtant, la SOTUMAG, qui gère le plus grand marché de la Tunisie continue d’afficher sur son site web une rubrique “Hygiène et sécurité” et fait état de la présence sur le site “de vétérinaires et techniciens qui assurent en permanence la bonne qualité des produits et la santé du consommateur”.

Selon le président de l’UGMVT Faouzi Kochrid, avant 2015, 3 vétérinaires étaient chargés des opérations de contrôle au marché de gros de Bir El Kassaa. Cela n’est plus le cas depuis 2015. “Il y a une mafia qui ne veut pas de la présence de médecins vétérinaires. J’ai alerté deux fois le ministre du Commerce depuis l’année dernière (...) mais rien n’a été fait” a-t-il déploré.

Pour lui, depuis 2011, les opérations de contrôle ont beaucoup diminué: “Avant tout se faisait dans les abattoirs qui étaient contrôlés mais ensuite il y a eu un relâchement, des privés se sont emparés des abattoirs. Ils veulent faire le maximum de gain et cela est un danger pour la santé des citoyens”.

D’après un vétérinaire qui travaillait au marché de gros avant 2015, “il y a des lobbies et des spéculateurs qui empêchent la mobilisation de vétérinaires également pour le contrôle sanitaire des poissons”.

Bien que le poisson soit selon la FAO, “le plus sain des aliments”, ce produit de la mer est aussi exposé à des maladies et peut contenir une concentration plus élevée de mercure que la dose permise.

Sa manutention et son conditionnement nécessite des normes d’hygiène spécifiques avant sa vente aux consommateurs. Ainsi, pour des grossistes de poissons au marché de gros, la présence d’un vétérinaire est plus que nécessaire, selon les médecins spécialistes rencontrés, mercredi, à la Maison du vétérinaire à Tunis.

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