TUNISIE
07/09/2018 17h:40 CET

Dépénalisation de l'homosexualité: Après l'Inde... pourquoi pas la Tunisie? Espère l'association Shams

L'Inde vient de dépénaliser l'homosexualité. L'association Shams appelle la Tunisie de lui emboîter le pas.

NurPhoto via Getty Images

L’Inde, deuxième pays le plus peuplé du monde, devient le 124ème État à dépénaliser l’homosexualité. Une décision historique pour ce pays de 200 millions de musulmans. “Ce n’est pas rien. Cette décision, historique, met fin à un imbroglio juridique à peine croyable,” se réjouit l’association tunisienne pour la dépénalisation de l’homosexualité en Tunisie, Shams, dans un communiqué de presse rendu public ce jeudi 6 septembre.

C’est une avancée notable pour les militants de la cause homosexuelle. Qualifiée de “sexe contre nature” en Inde, l’homosexualité reste un sujet extrêmement sensible. Selon l’article 377, désormais caduque, l’homosexualité était sur le papier passible de prison à vie.  

De ce fait, “la loi était devenue une arme de harcèlement contre la communauté LGBT”, rapporte Shams en se référant aux paroles du président de la Cour suprême, Dipak Misra. Cette loi était “irrationnelle, indéfendable et manifestement arbitraire.”

“De quoi inspirer les institutions tunisiennes de mettre définitivement un terme à l’article 230 qui pénalise les homosexuels de trois ans de prison et à cet infâme test anal médiéval, lui aussi issu de la colonisation (comme en Inde sous l’ère victorienne)” souligne l’association.

Et d’ajouter: “Il est grand temps que la Tunisie entre dans l’histoire moderne en mettant fin à ces barbaries. Il est grand temps que la Tunisie respecte sa révolution qui a fait d’elle l’exemple mondial de sa liberté, de sa maturité”.

À cette occasion, Shams se tient prête à ”être l’aiguilleur nécessaire aux pouvoirs publics pour aider la nation à entrer dans la modernité pour éviter les pires dérives constatées au fil des jours. Aujourd’hui, c’est une belle, immense leçon d’histoire, de tolérance et de vivre ensemble que l’Inde nous donne. Un exemple à suivre en Tunisie. Il y a peu, la Tunisie était l’exemple...” conclue-t-elle.

Ainsi, à travers ce communiqué l’association Shams tente de relancer le débat sur l’article 230 qui selon son président Mounir Baatour est un “symptôme de l’homophobie exacerbée de la société tunisienne”.

Rien qu’en 2017, plus de 71 personnes ont été arrêtées en vertu de la loi tunisienne, déplore-t-il. Une réalité amère qui selon lui pourrait être modifiée avec une législation en phase avec les libertés individuelles prescrites dans la nouvelle constitution, et ce dans l’espoir de franchir bientôt le cap avec la dépénalisation de l’homosexualité en Tunisie.

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