ALGÉRIE
14/04/2019 18h:55 CET | Actualisé 16/04/2019 11h:45 CET

Dénonciations de traitements “dégradants” contre des femmes au commissariat de Baraki

Capture d'écran

Des militantes du Mouvement social et démocratique (MDS) et de l’association Rassemblement Jeunesse Action (RAJ), interpellées samedi 13 avril 2019  à la Grande-Poste puis relâchées dimanche à 01H00 du matin, ont été obligées de se dénuder pour subir une fouille au commissariat de Baraki où elles étaient retenues, a affirmé l’une d’elles au HuffPost Algérie.

L’affaire a été révélée cet après-midi par le militant et journaliste, Samir Larabi, dans une vidéo publiée sur son compte Facebook. Après avoir dénoncé les arrestations dont ont été victimes les adhérents des deux associations, il a fait savoir que “les éléments de la police ont dénudé les quatre militantes comme au jour de leur naissance”.

La même source a estimé que ces pratiques “déraisonnables étaient destinées à intimider les militantes”. Il a ajouté qu’il s’agissait d’une attitude “dégradante pour l’être humain”. Ces faits ont été confirmés par Hania Chabane, l’une des militantes arrêtées, Hania Chabane, membre du Mouvement démocratique et social (MDS)

Dans une déclaration au HuffPost Algérie, elle a indiqué avoir été obligée de se dénuder et de ne garder que les sous-vêtements inférieurs pour subir une fouille de la part d’une policière.

Les militantes ont obtempéré à contrecoeur croyant qu’il s’agissait d’une procédure normale, selon Hania Chabane. Ce n’est qu’après leur élargissement qu’elles ont appris que ce qu’elles ont subi était un abus d’autorité attentatoire à leur dignité.

Le HuffPost Algérie a contacté la DGSN afin d’avoir sa version des faits. Le chargé de la communication étant absent, un policier, non autorisé à s’exprimer au nom de la police, a tout de même démenti. “Humainement, cela ne se fait pas”, a-t-il déclaré, nous invitant à rappeler le lendemain pour de plus amples informations auprès des services autorisés.

Contacté par notre rédaction, l’avocat Miloud Brahimi a affirmé que la fouille subie par les militantes de RAJ et du MDS “est une procédure pas du tout normale”.  “Si cette fouille venait à se confirmer, cela est condamnable. C’est une atteinte inadmissible aux femmes, notamment en cette période sensible. Nous n’avons pas besoin de cela”, a-t-il déclaré.

Les militantes ont fait part de leur intention de déposer plainte contre les policiers qui leur ont fait subir cette procédure. “Ce leur droit le plus absolu”, a rajouté Me. Brahimi.