MAROC
15/07/2019 17h:07 CET

Dénonçant "l'absence de dialogue", les opticiens poursuivent leurs protestations

Un nouveau sit-in prévu demain, mardi 16 juillet, de 10h à 13h, devant le Parlement.

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CONFLIT SOCIAL - Ils multiplient leurs démarches protestataires. Les opticiens, représentés par le Syndicat professionnel national des opticiens du Maroc (SPNOM), observeront un nouveau sit-in demain, mardi 16 juillet, de 10h à 13h, devant le Parlement. C’est le SPNOM qui l’annonce dans un communiqué publié ce lundi dans lequel il prévient que les opticiens poursuivront leur “militantisme jusqu’à ce que leurs revendications légitimes soient prises en considération”. 

Les professionnels du secteur veulent “un dialogue officiel et sérieux” avec le gouvernement qui, pour l’instant, ne s’est pas montré disposé à le faire. En tout cas, le SPNOM précise dans son communiqué avoir “déposé à plusieurs reprises une demande d’entretien auprès du ministre de la Santé, Anass Doukkali, et le ministre de l’Education nationale, de la Formation professionnelle, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Saaid Amzazi, restée sans suite”.   

Pour le syndicat, en l’absence de dialogue, la crainte que la profession de l’opticien soit réduite dans le système de santé est belle et bien fondée. Et pour cause, il souligne n’avoir pas été impliqué dans la discussion au sein du Parlement du projet de loi 45.13 relatif à l’exercice des professions de rééducation, de réadaptation et de réhabilitation fonctionnelle. L’article 6 de ce texte stipule que “l’opticien lunetier délivre au public des articles d’optiques destinés à corriger ou à protéger la vue”. Il prévoit également que l’opticien “réalise l’adaptation et l’ajustage desdits articles au moyen d’instruments de contrôle nécessaire”. Mais l’amendement que cet article aurait subi, plus tard, à la Chambre des conseilles, a retiré à la profession de l’opticien toutes “ses attributions reconnues à l’échelle internationale” pour la limiter au “contrôle des instruments optiques”, indique le SPNOM. 

“Nous n’avons pas réussi à trouver des parties avec lesquelles nous pourrions avoir un dialogue à ce propos et en sortir avec un compromis”, regrette le syndicat justifiant la nécessité, pour lui, de décréter ces démarches de protestation comme ultime recours pour se faire entendre.  

Pour les opticiens, il est temps que l’exercice de leur profession, régi depuis 1954 par un dahir, connaisse une amélioration. Ce qui leur semble peu probable, en ce moment, en raison de cet amendement dont ils accusent “le lobby des médecins ophtalmologues d’être à l’origine”. Ils disent craindre que le secteur de l’optique soit “monopolisé par des sociétés”, qualifiant cette perspective de “complot contre le pouvoir d’achat du citoyen marocain”.