ALGÉRIE
26/05/2019 17h:27 CET

Démission de Kohler: Le polisario accuse Paris d'avoir saboté le travail de l'émissaire onusien

L'émissaire de l'ONU pour le Sahara occidental Horst Kohler lors d'une conférence de presse à Genève le 22 mars 2019|Fabrice COFFRINI

Pour M’hamed Kheddad, coordonnateur sahraoui auprès de la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) et membre du secrétariat national du Front Polisario, si l’émissaire de l’ONU au Sahara occidental, Horst Kohler, a démissionné pour des problèmes de santé, l’attitude de la France a également pesé dans sa décision de quitter son poste car Paris a “carrément saboté” son travail. “Effectivement, il y a les raisons de santé que M. Kohler a mentionné dans sa lettre d’adieu aux deux parties du conflit au Sahara occidental (le Maroc et le Front Polisario, ndlr) et à leurs voisins (l’Algérie et la Mauritanie, ndlr).

Cependant, il faut bien signaler que depuis sa nomination au poste d’envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU beaucoup d’obstacles ont été érigés sur sa route”, a fait savoir le responsable sahraoui lors d’un entretien accordé à l’agence russe Sputnik.

Le coordinateur sahraoui auprès de la Minuso a pointé du doigt “la France qui a entravé et carrément saboté le travail” de l’émissaire Onusien, notamment aux Nations unies, soutenant que “Paris ne voulait pas que le mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental soit réduit à six mois”. “C’est la France qui a pesé de tout son poids” pour que l’Union européenne signe de nouveaux accords incluant le territoire du Sahara occidental (accord d’association UE-Maroc et l’accord d’agriculture et de pêche UE-Maroc, ndlr) en violation flagrante des décisions de la Cours de justice de l’Union européenne (CJUE) (les arrêtés de 2015, 2016 et 2018), soulignant que le Sahara occidental et les eaux qui lui sont adjacentes ne faisaient pas partie du territoire du Royaume du Maroc”, a accusé M Kheddad.

“A New York, M. Kohler a toujours cherché à ce qu’il y ait un consensus au Conseil de sécurité et que ses quinze membres apportent leur soutien en votant une résolution” a-t-il confié, regrettant encore une fois que “malheureusement, les efforts de l’envoyé spécial au Sahara occidental ont été sabotés par la France et les Etats-Unis, qui cette fois-ci n’ont pas cherché le consensus qu’a demandé M. Kohler au sein de cette institution internationale”.“Donc au bout du compte, M. Kohler s’est trouvé sans soutien unanime du conseil de sécurité, sans soutien de l’Union européenne, en plus du travail de sape méthodique mené par le Maroc pour empêcher que l’Union africaine joue son rôle dans le résolution de ce conflit qui n’a que trop duré”, a expliqué M. Kheddad.