MAROC
04/12/2018 16h:12 CET

Déçu de la réaction du RNI à ses propos, Ismaïl Alaoui regrette "l'absence de l'esprit démocratique"

L’ancien ministre a affirmé que “le Plan Maroc vert doit être remis sur pied”.

PPS.ma

PARTIS - “Je suis pour la liberté d’expression, que je ne conteste absolument pas, et je ne réponds jamais aux déclarations superficielles et futiles”. C’est ce que déclare au HuffPost Maroc le leader du PPS Ismaïl Alaoui en réaction aux critiques du RNI à son égard.

Le parti de la Colombe a publié le 2 décembre sur son site web RNI.ma un article intitulé: “Pardon... Vous n’êtes pas habilité à donner des leçons”. Le message est adressé à Ismail Alaoui, en référence à l’analyse qu’il a livrée, quelques jours auparavant, le 29 novembre à Kénitra, lors d’une rencontre débat organisée par le PPS sur “Quelle politique agricole pour un développement économique intégré?”. Ancien ministre de l’Agriculture, Ismaïl Alaoui, qui est à la tête du Conseil de la présidence du PPS, a été appelé, à l’occasion, à évaluer le Plan Maroc vert.

Dans son intervention, il a soulevé ce qu’il estime être des lacunes de gestion de ce programme et proposé des remèdes “aux échecs de la politique agricole au Maroc”. L’ancien ministre a soutenu notamment que ce programme doit être révisé pour mieux cibler les agriculteurs qui ont besoin d’aide, affirmant: “le Plan Maroc vert doit être remis sur pied”. 

Le leader du PPS a également souligné que le milieu rural est “au bord de l’implosion” en raison “d’une crise qu’il vit depuis les années 70″. 

“Il est regrettable aujourd’hui que toute personne souhaitant revenir sur la scène politique attire l’attention sur elle en se servant du secteur de l’agriculture comme d’un tremplin, tout le monde est devenu expert en agriculture et en monde rural”. C’est ainsi que le RNI rétorque estimant, que l’ancien ministre du PPS a “des connaissances limitées du secteur agricole”, qualifiant son bilan au cours de son mandat de “médiocre”. 

Critiques acerbes, le message du RNI en regorge envers le leader du PPS, remettant en question son évaluation. “Monsieur Alaoui a-t-il assimilé le Plan Maroc vert? Ou est-ce que l’histoire de l’agriculture pour lui s’est arrêté en 2003?”.     

Déçu, le destinataire du message estime que “ce n’est pas ainsi que les choses peuvent évoluer”. Ismaïl Alaoui ne considère pas cet article comme “une réponse” à ses propos, rappelant que les bases démocratiques font de l’échange une construction mutuelle. “Nous sommes là pour discuter, échanger et lorsqu’on pose des problèmes qui concernent notre pays, il se peut que l’un ou l’autre, à un moment donné ou à un autre, soit dans l’erreur, c’est très possible”, affirme-t-il, regrettant que “l’esprit démocratique n’existe pas encore chez certains dans notre pays”. Pour le PPS, le RNI a simplement donné libre cours à “sa nervosité” et “son acharnement” à la place desquelles le parti du Livre affirme préférer “le débat sincère”.

Alors propos contre propos et à l’égal de son adversaire, le PPS a aussi publié un article sur son site web PPS.ma pour donner sa leçon au RNI. 

Signé par Mahtat Rakas, directeur de publication du journal du PPS Bayane Al Yaoum, l’article exprime l’étonnement du parti face à “une réaction disproportionnée” contre un seul intervenant, en l’occurrence Ismaïl Alaoui, sur la liste qui en comportait plusieurs. “Nous ne voulons pas défendre l’homme (...) L’essentiel, c’est qu’il n’y a pas de volonté pour écouter l’avis de l’autre même s’il est bon et respectable”, constate le porte-voix du PPS. 

La carte de la sagesse, c’est ce que le PPS a joué estimant que la critique est  fondamentale dans tout échange même au sein du même parti. Remettant en cause “le vocabulaire” utilisé par son adversaire, le PPS a accusé ce dernier de “susceptibilité” et l’a appelé à “la raison”. Il a aussi soutenu les critiques de Ismaïl Alaoui estimant qu’elles sont fondées et que “nous avons besoin, en effet, d’un dialogue national et sincère sans égoïsmes ou conviction absurde”.  

Le PPS fait de cet article sa réponse officielle. Il ne compte pas publier de communiqué: “On ne veut pas en rajouter”, nous déclare le secrétaire général du parti du Livre, Nabil Benabdellah qui se dit ”étonné par la sévérité et le caractère mal à propos et personnel de la réaction du RNI. C’est particulièrement déplacé!”.

Sur Facebook, plusieurs membres du PPS dénoncent, de leur côté, “l’acharnement” du RNI contre Ismaïl Alaoui en témoignant leur soutien à “l’homme militant” qu’il représente à leurs yeux. 

Une campagne dans laquelle ses soutiens rappellent le parcours du “géographe ruraliste passionné et progressiste de renommée” et lui reconnaissent “la droiture et l’honnêteté d’un grand homme d’état”. Et d’estimer que “tout propos remettant en cause l’engagement, la droiture et l’honnêteté de ce militant grand homme d’état” sont une “tentative inutile et désespérée” de changer le nouvel ordre de jour, celui de mettre en place “une nouvelle stratégie agricole exigée par le chef de l’État”.