TUNISIE
29/04/2019 15h:50 CET

Décès de 12 ouvrières agricoles: "Nous allons intensifier les contrôles mais il faudra des solutions radicales" prévient le ministre du Transport

Le ministre a affirmé avoir discuté avec le chef du gouvernement de certaines solutions.

Huffpost MG

Le ministre du Transport Hichem Ben Ahmed a affirmé, lundi, qu’un accord a eu lieu avec le ministère de l’Intérieur afin d’intensifier les contrôles concernant le transport d’ouvrier(e)s agricoles, ajoutant cependant que cela ne sera pas suffisant sans “décisions radicales”.

“Concernant l’accident qui s’est passé, c’était un transporteur clandestin. Ce sont des personnes qui transportent de façon anarchique. Nous faisons des opérations de contrôle, mais il faudra les intensifier 1000 fois plus. Certes le contrôle est important mais il faudra surtout trouver une solution à ce fléau” a-t-il déclaré.

“Ce sujet dure depuis 50 ou 60 ans. Combien va-t-on contrôler? Combien de pistes agricoles avons-nous sur l’ensemble du territoire?” dit-il expliquant qu’il est techniquement impossible de contrôler l’ensemble du territoire: “Nous allons l’intensifier. Nous nous sommes mis d’accord avec le ministre de l’Intérieur de contrôler encore plus ces circuits mais il faudra trouver des solutions radicales, une fois pour toute, pour mettre fin à ce problème”.

Parmi ces solutions, Hichem Ben Ahmed affirme avoir discuté avec le chef du gouvernement Youssef Chahed sur la possibilité d’accorder des “avantages aux sociétés de transports ou aux personnes” afin qu’ils puissent se consacrer au transport des ouvrier(e)s agricoles.

“Nous n’accepterons plus que ce genre d’accident survienne” a-t-il conclu.

Samedi, 12 personnes dont 7 ouvrières agricoles sont décédées à la suite d’un accident de la route survenu à Seballa dans le gouvernorat de Sidi Bouzid. Celui-ci a relancé le débat sur les conditions de travail et de transport des ouvrières agricoles en Tunisie.

La veille, dans la région de Ragada, dans le gouvernorat de Kairouan, des ouvrières agricoles avaient chuté d’un camion les transportant vers leur lieu de travail, faisant neuf blessées âgées entre 15 et 56 ans.

 

Le 11 avril dernier, à Zaghouan, deux ouvrières agricoles avaient trouvé la mort dans un accident de la route.

Depuis 2015, plusieurs association avaient tiré la sonnette d’alarme sur le transport anarchique d’ouvrières agricoles.

L’Association Tunisienne des Femmes Démocrates (ATFD) et le Forum Tunisien des Droits Economiques et Sociaux (FTDES) avaient dénoncé les conditions dans lesquelles les travailleuses agricoles sont transportées, mettant l’accent sur la ségrégation dont elles sont victimes.

Une étude du Population Council a souligné la précarité des conditions de travail des ouvrières agricoles en Tunisie. Selon l’étude, dans la région de “Nadhour”, 92% des femmes interrogées indiquent qu’elles se réunissent entre elles de façon informelle, en attendant la camionnette du chef d’exploitation. La durée du travail, la faible rémunération, la quasi absence des droits sociaux, et la pénibilité des conditions du travail constituent autant de facteurs de précarité pour ces ouvrières.

Selon le FTDES, il y a eu en 2018, 4 décès d’ouvrières agricoles et 199 blessées suite à des accidents de la route.

 

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