MAROC
02/03/2019 13h:05 CET

Décès d’une élève à Ain Atiq: les parents d’élèves pointent du doigt le directeur de l’école

Ce dernier aurait été suspendu.

INCIDENT -Drame ce jeudi 28 février à l’école Nouifat à Ain Atiq, dans la région de Rabat. Alors qu’elle s’apprêtait à entrer à l’école jeudi matin, une fillette de quatre ans a perdu la vie, écrasée par la chute d’une lourde porte en métal de son établissement. La rédaction du HuffPost Maroc s’est rendu sur le lieu du drame.

L’école où s’est produit le drame est dans un piteux état. Problèmes d’insalubrité et de rénovation, incluant des fissures dans les toits, des déchets jonchent les salles de classes tandis que deux chiens trainent dans les couloirs de l’établissement. Les excréments arrosés d’urine inondent les toilettes aux point de les boucher. L’établissement semble pas remplir les conditions pour accueillir dignement des élèves. La porte ayant tué la fillette et blessé la femme du gardien de l’école est jetée dans la cour ce jeudi après-midi.

Les parents d’élèves eux, pointent depuis quelques heures devant l’école et accusent le directeur d’interdire à leurs enfants d’utiliser les toilettes. Ces derniers n’ont pas le droit de faire leurs besoins sauf en cas de présentation d’un certificat médical. Excédés, ils disent aussi que le directeur fume et boit au sein de l’établissement, et donne la nourriture de leurs enfants à ses chiens. “Je me rappelle très bien du jour où ma fille est venue me dire qu’ils ont trouvé un serpent dans la cour de l’école. Elle m’a dit que le directeur leur a demandé de le tuer en contrepartie d’une bonne note. Ce monsieur est irresponsable, il fume devant nos enfants, boit aussi et se permet de les insulter. Il ne veut jamais nous accueillir ni nous affronter”, nous raconte la mère d’une fille de l’école Al-Nweifat. “De toute façon, on s’y attendait... il y a une semaine un petit garçon est tombé en voulant escalader un mur. Il n y’a personne pour surveiller les enfants”, ajoute-elle.

Approché par notre rédaction, le directeur de l’école primaire Nouifat a refusé de répondre à ces accusations, sous prétexte qu’il avait une réunion. Selon un membre de la famille de la victime contacté par notre rédaction, lorsque le directeur a appelé pour déclarer la chute de la porte métallique sur la fillette et une autre femme blessée, il s’est contenté de mentionner qu’il s’agissait “d’un petit accident avec quelques blessés”.

Vendredi 1er mars, le ministère de l’Éducation nationale publiait un communiqué dans lequel il exprimait “son regret et sa tristesse” quand à l’incident, précisant que “l’établissement a bénéficié d’une réhabilitation générale au titre de l’année scolaire 2016-2017 par la voie d’un intervenant”, chose qui n’était pas visible sur place, en cette année scolaire 2019-2020.

Le département de de Saaid Amzazi, qui indiquait par ailleurs dans son communiqué que le décès de la fillette est “la volonté de Dieu”, aurait suspendu le directeur de l’établissement. Relevé de ses fonctions, il sera déféré devant le Conseil de discipline, indique à nos confrères du Site Info, Brahim Bencharki, directeur régional du ministère à Skhirate.