MAROC
25/12/2018 09h:35 CET

Décès à la maternité des Orangers: "Aucun dysfonctionnement concernant la qualité du vaccin"

Le ministère de la Santé ne reconnaît aucune responsabilité dans le drame survenu à Rabat.

Huffpost MG

DRAME - Les investigations préliminaires menées par la commission centrale multidisciplinaire relevant du ministère de la Santé au sujet du décès d’un nourrisson à la maternité des Orangers à Rabat, n’ont enregistré aucun dysfonctionnement concernant la qualité du vaccin et les conditions de son stockage, a indiqué lundi, le ministre de la Santé, Anass Doukkali.

Répondant à une motion d’interpellation du groupe istiqlalien de l’Unité et de l’Égalitarisme à la Chambre des représentants concernant “les circonstances du décès d’un nourrisson et la détérioration de l’état de santé d’autres nouveau-nés à cause du vaccin”, Anass Doukkali a souligné que ladite commission a conclu que le vaccin n’est pas la cause du décès, notant que la maternité des Orangers utilise le même vaccin que les autres structures, qui n’ont d’ailleurs enregistré aucune complication.

Il a également fait savoir que, dans le cadre du programme national d’immunisation et conformément aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les établissements de santé relevant du ministère ont procédé depuis 2017 à la vaccination des nouveau-nés contre l’hépatite B dans les premières 24 heures suivant la naissance.

Dans ce cadre et à l’instar des autres établissements de santé du ministère, la maternité des Orangers, relevant du CHU Ibn Sina, procède conformément aux procédures déterminées et à un protocole spécial, à la vaccination des nouveau-nés, a expliqué le ministre.

La direction du CHU Ibn Sina a ouvert une enquête interne

D.R.

Suite à l’incident survenu lors de la vaccination de quelques nourrissons, le staff médical et infirmier s’est empressé d’assurer la prise en charge de six nouveau-nés, qui ont été aussitôt transférés au service de réanimation et de soins intensifs à l’hôpital pédiatrique, a-t-il rappelé. Cette intervention “a permis l’amélioration de l’état de santé de cinq nourrissons, dont quatre ont quitté l’hôpital, alors que l’état de santé du cinquième, placé sous surveillance médicale, est stable et en amélioration constante. Un autre nourrisson est décédé avant son transfert à l’hôpital pédiatrique, a-t-il déploré.

À cet égard, la direction du CHU Ibn Sina a ouvert une enquête interne sur les circonstances de ce drame, alors que le parquet général a diligenté une enquête sur cette affaire, a-t-il poursuivi, notant que son département va prendre les mesures administratives qui s’imposent à la lumière des conclusions de l’enquête judiciaire. 

Le décès du nourrisson avait eu lieu le 17 décembre dernier et confirmé par le ministère de la Santé 48 heures après le drame. Deux infirmières, une sage femme et une préparatrice en pharmacie avaient été arrêtées dans le cadre de l’enquête judiciaire. La Fédération nationale de la santé affiliée au syndicat de l’Union marocaine du travail (FNS/UMT) réclame pour sa part de la part du ministère de la Santé la présentation d’excuses aux familles. 

“La responsabilité de cet incident incombe au ministère de la Santé”, martèle FNS/UMT à qui elle “demande de l’assumer”. Entre autres dysfonctionnements soulignés par la fédération, figurent “la surcharge du travail”, “le manque flagrant des ressources humaines”, “l’inexistence d’un service de réanimation à la maternité des Orangers”, “la similitude entre les flacons des produits pharmaceutiques” et “l’absence d’une logistique spécifique à la conservation des produits pharmaceutiques pouvant présenter un danger permettant de les isoler des vaccins à utilisation fréquente”.