MAROC
25/02/2019 12h:50 CET

Décathlon Maroc lance son hijab pour sportives (et crée la polémique en France)

Des Français dénoncent déjà “la promotion de l’islamisme radical” alors que le produit n'est pas encore commercialisé chez eux.

Décathlon Maroc

SPORTS - Après Nike et son Hijab Nike pro, c’est au tour de Décathlon de proposer aux femmes sportives et musulmanes une tenue adaptée. Le 20 février, la branche marocaine de l’entreprise française a lancé son Hijab Kalenji.

Disponible en noir et blanc (S,M,L) pour 79 dirhams, ce hijab est “conçu pour la coureuse qui souhaite se couvrir la tête et le cou pendant sa course”. C’est un hijab “respirant et qui ne bouge pas pendant la course”, souligne Décathlon sur son site français

La marque de grande distribution sportive ajoute que le produit a été testé “plusieurs fois par 20 femmes qui portent habituellement le hijab, et qui pratiquent du jogging, running ou trail de manière régulière. Il a été validé pour son confort et sa respirabilité” et il est garanti 2 ans. Il n’est, pour le moment, plus disponible sur internet mais Décathlon Maroc a confirmé à notre rédaction que le hijab est bien disponible dans ses magasins.

Une polémique en France avant la commercialisation

La nouvelle a fait mouche de l’autre côté de la Méditerranée. À peine lancé au Maroc, le nouveau produit a créé la polémique sur Twitter, notamment chez les Français. Décathlon est accusé de “communautarisme”, de faire “la promotion de l’islamisme radical” ou encore de “se soumettre à une idéologie inégalitaire et rétrograde.

Installée à Paris, l’association La ligue du droit international des femmes a également eu un mot à dire sur ce nouveau produit. Dans un communiqué titré “Ce que cache le HIJAB RUNNING NOIR: ou comment DECATHLON se fait le promoteur de l’apartheid sexuel”, elle critique le Hijab de Décathlon et dénonce “une publicité affligeante”.

“Alors que la Révolution Islamique d’Iran fête ses 40 ans, et que des femmes héroïques se dévoilent en place publique au risque d’être emprisonnées, voire de disparaître sans laisser de traces; alors qu’en Arabie Saoudite des activistes féministes osent s’exprimer ouvertement contre leur statut de second rang et sont emprisonnées et torturée (...), le monde du sport se rend complice de leur enfermement, en faisant la promotion d’un modèle sportif islamiste féminin dont le seul but est de prolonger l’apartheid sexuel imposé aux femmes dans l’espace public”, écrit l’association. 

Pourtant, le produit n’est pas encore commercialisé en France, rapporte le journal local La Dépêche du Midi. “Interrogé par un site spécialisé dans l’économie islamique, Décathlon a déclaré que le hijab running Kalenji n’est disponible dans aucune des centrales d’achats du groupe en France.
Pourquoi figure-t-il alors sur le site français de Décathlon? ‘Parce que sa fabrication est en cours’, a répondu Décathlon”.

La marque va-t-elle prendre en compte la polémique, au risque de voir d’autres appels au boycott émerger? Le quotidien français rappelle en tout cas que “l’enjeu est énorme dans ce juteux marché de ‘l’islamic fashion’ car son hijab Kalenji défie toute concurrence: il est commercialisé à 8 euros contre 30 euros pour celui de Nike”.