06/09/2018 15h:44 CET | Actualisé 06/09/2018 15h:44 CET

Qualité de vie, éthique, environnement économique... De quelle réputation jouit le Maroc à l'international?

"Une destination touristique réputée", mais de sérieuses lacunes en innovation et économie.

wellsie82 via Getty Images

INTERNATIONAL - De quelle réputation jouit le Maroc à l’étranger? D’après les données de l’Institut Royal des Études Stratégiques (IRES), qui a mené une enquête avec le cabinet “Reputation Institute” afin d’examiner les forces et les insuffisances du Maroc en termes de réputation externe et interne, le royaume figure au rang des élèves moyens et, avec une note de 58,1 points, se hisse à la 35e place sur 73 pays analysés.

Une moyenne correcte qui serait le fruit des récentes réformes mises en oeuvres en matière de politique gouvernementale, institutionnelle, économique et sociale, avance l’IRES, qui précise que l’adoption de la Constitution de 2011 a été l’élément déclencheur d’une nouvelle force d’impulsion au développement du pays. 

Cependant, malgré les progrès accomplis qui devraient permettre au royaume d’élever sa réputation au rang des pays développés, le rapport révèle que le Maroc, en terme de nation branding, a encore du chemin à parcourir pour ne plus être considéré seulement comme une destination touristique réputée auprès des citoyens de pays du G8 sondés pour cette enquête. En plus des superpuissances mondiales, qui constituent des marchés porteurs pour l’offre exportable du Maroc et représentent des marchés émetteurs potentiels de flux touristiques et d’investissements directs, la réputation du Maroc a été évaluée cette année auprès de 15 pays développés et/ou émergents sélectionnés par l’IRES. La méthode “Country RepTrak® “inspirée du modèle “RepTrak®”, une référence chez une multitude d’entreprises et de leaders de leurs secteurs pour gérer leur réputation, a été utilisée pour mener à bien cette enquête sur un échantillonnage de 39.000 personnes dans 23 pays. 

Résultat: le pays jouirait d’une image très favorable en Russie, en France, en Inde et au Mexique alors que sa réputation atteint des niveaux bas au Nigéria, en Afrique du Sud, en Espagne et en Suède. L’Allemagne et le Japon sont les pays du G8 dont la perception à l’égard du Maroc est la plus faible, précise l’IRES. 

Les forces et faiblesses du Maroc 

Suivant la méthode “Country RepTrak®”, la réputation d’un pays se construit selon les indicateurs suivants: qualité de vie, qualité institutionnelle et niveau de développement. Et dans le cas du Maroc, c’est la catégorie qualité de vie qui a obtenu la moyenne la plus élevée, soit 39,1%. Le style de vie des Marocains, l’environnement naturel, les loisirs et distractions, et surtout, “la population aimable et sympathique” seraient très appréciés des citoyens des pays du G8 sondés. 

En revanche - et c’est ce qui explique le score moyen du Maroc- le niveau de développement et la qualité institutionnelle du pays affichent des notes relativement faibles, plaçant le royaume au rang des pays peu innovants et peu déterminants au sein de l’économie mondiale. 

Avec des notes de 51,8 points sur 100 en “qualité de produits et services”, 41,6 points en “marques et entreprises reconnues”, 40,9 points en “technologie et innovation”, 50,7 points en “environnement économique” ou encore 46,4 points en pour l’éthique et la transparence, le pays se situe en deçà de la moyenne mondiale dans ces catégories. Le système éducatif, la culture et le bien-être social, dont les notes sont relativement basses, ne permettent pas non plus de hisser la réputation du pays et pour l’IRES, l’ensemble de ces résultat laisse suggérer que les citoyens des pays du G-8 perçoivent surtout le Maroc comme une destination de villégiature et un lieu de repos et de loisirs.

Parmi les 15 pays développés/émergents sondés par l’institut marocain, la réputation du Maroc a enregistré une très forte baisse en Chine et au Brésil mais enregistrerait une nette amélioration au Japon et au Kenya, entre 2017 et 2018. Une hausse qui pourrait s’expliquer en partie par les actions diplomatiques menées par le royaume avec ce pays africain. 

Des réformes nécessaires 

Au niveau de la réputation interne du Maroc évalué par l’IRES, l’ensemble des perceptions qu’ont les Marocains de leur propre pays a enregistré une forte baisse (4 points), en 2018, par rapport à son niveau de 2017.

L’institut souligne que ce repli n’est pas dû aux différents mouvements sociaux qu’a connus le Maroc puisque ces derniers ont débuté après la période d’administration de l’enquête”. Le recul de la réputation interne serait davantage lié aux catégories “respect international”, “loisirs et distractions” et “sécurité”.

En somme, cette étude insiste sur l’urgence d’engager des travaux de réformes de “grande envergure” en matière d’éducation, d’innovation et de technologies, de capital de marque et de qualité de produits et services. Pour l’IRES et le cabinet “Reputation Institute”, seuls des efforts dans ces domaines peuvent rehausser le positionnement international du Maroc et conforter sa réputation interne.