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09/05/2018 09h:54 CET | Actualisé 09/05/2018 09h:54 CET

De Paris à Tunis, la jeunesse se révolte au printemps 68

En 1968, vers le mois de mars, la Tunisie commence à bouger. Michel Foucault, philosophe français, alors professeur de fac à Tunis a vécu le Printemps tunisien (équivalent de Mai 68 en Tunisie) par la radicalisation politique de ses élèves.

Mai 68, Mai 68, Mai 68… Que de bruit autour de cet évènement ! Mais, pour des adolescents de 13 ans, ça veut dire quoi?

1968 pour des ados

Pour des ados de 13 ans, Mai 68, c’est vague…. Mai 68, on le voit dans les programmes de 3eme en France. Et pour ceux qui ne l’ont pas encore vu, on ne sait pas ce que c’est.

Aujourd’hui, en France, si on écoute la radio, si on regarde la télé on entend Mai 68 par ci, Mai 68 par là. Il est vrai que c’est le cinquantième anniversaire de cet évènement. Mais il y a aussi l’actualité qui rappelle les événements de Mai 68: les blocages des facs comme celle de Toulouse, la violence des policiers (CRS), les grèves de la SNCF et les revendications des fonctionnaires contre le gouvernement peuvent faire référence à cet épisode historique.

Mai 68, ça a vraiment commencé aux États-Unis avec des mouvements étudiants à l’université de Berkeley. Vint ensuite la révolution de la musique, la liberté sexuelle… Après avoir éclos aux États-Unis, ce mouvement s’est répandu en Europe.

Du coup, Mai 68, c’est un peu une révolte du peuple, des jeunes surtout. Beaucoup d’étudiants sont sortis dans la rue, avec les ouvriers. Le pays était bloqué. Beaucoup de personnes ont été arrêtées par les CRS. D’un autre côté, c’était un moment de convivialité, de solidarité entre les acteurs de cet évènement, et un grand moment de liberté. C’est grâce à cette Révolution que la parole des femmes s’est libérée, elles ont réclamé le droit de s’habiller comme elles le voulaient : jupes courtes… Un nouveau rapport hommes-femmes s’est installé, il n’y avait plus besoin de se marier pour vivre ensemble.

Cependant, Mai 68 pour les ados c’est vague et presque inconnu. Il faut vraiment faire des recherches pour savoir ce que c’est ou alors, il faut en parler avec des gens de sa famille qui l’ont vécu, nos grands-parents par exemple. Quand on dit Mai 68 à un ado, ça peut évoquer pour lui un lointain échos du soulèvement des jeunes et des mouvements étudiants.

API via Getty Images

 

Mai 68 en France en bref :

- 22 mars : une centaine d’étudiants prennent d’assaut la faculté de Nanterre

- La France rentre en rébellion contre la politique du Général De Gaulle

- 2 mai : journée anti-impérialiste : occupation de l’amphithéâtre, la Sorbonne est occupée

- 6 mai : affrontements dans le quartier Latin qui fait 900 blessés

- 7 mai : 30 000 étudiants défilent sur les Champs Elysées

- Le mouvement gagne de l’ampleur dans toute la France

- Nuit du 10 au 11 mai : Paris se barricade

- 18 mai : 2 000 000 de grévistes

- 20 mai : 6 000 000 de grévistes

- 24 mai : 10 000 000 de grévistes

- 27 mai : accords de Grenelle

- 26 mai : fuite de De Gaulle à Baden Baden

- 30 mai : manifestation des gaullistes pour De Gaulle

De 1968 à 2018

En Mai 68, plusieurs mouvements sociaux ont éclaté: des grèves, des blocages de facs, des manifestations… Aujourd’hui, en France, des grèves éclatent au sujet de réformes proposées par le président, Emmanuel Macron. Les étudiants bloquent également des facs pour protester contre la réforme concernant la sélection pour être admis dans les hautes écoles. Ces blocages dans les facs de Toulouse ou Tolbiac ont dégénéré: les étudiants dorment à l’intérieur, les saccagent… Des facs comme celle de Tolbiac ont été évacuées de force par la police. Il y a également les grèves de la SNCF qui perturbent le trafic ferroviaire.

Tous ces débordements rappellent les évènements de Mai 68. Cependant, même si les manifestants le souhaiteraient ils n’en ont pas l’ampleur. En 2018, il n’y a que quelques facs bloquées. Il y a bien sûr des manifestations, certes violentes comme celle du 1er mai dernier à Paris et avec peu de blessés. Le pays n’est pas paralysé. En Mai 68, toutes les facs étaient bloquées, il n’y avait plus d’essence, il y avait beaucoup plus de monde dans les rues, beaucoup plus de manifestations…

De plus, les mouvements révolutionnaires de l’année 68 n’étaient pas présents qu’en France et aux États-Unis, mais également dans l’ancienne Tchécoslovaquie, en Pologne, ou en Tunisie avec le Printemps tunisien. 

 

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Le printemps tunisien

En 1968, vers le mois de mars, la Tunisie commence à bouger. Michel Foucault, philosophe français, alors professeur de fac à Tunis a vécu le Printemps tunisien (équivalent de Mai 68 en Tunisie) par la radicalisation politique de ses élèves. Il assiste à la naissance d’un mouvement insurrectionnel dans la capitale tunisienne.

La visite du vice-président américain, Hubert Humphrey, en janvier 1968 est le moment le plus tendu entre les autorités tunisiennes et les mouvements révolutionnaires. Très marqués par l’anti-impérialisme, la gauche manifeste contre sa venue. Le 15 mars, les syndicats estudiantins lancent une grève pour exiger la libération d’étudiants détenus. La tension monte entre les autorités et les étudiants: le 19 mars les arrestations se multiplient. Foucault engage les autres professeurs français à se mobiliser contre ces arrestations.

Finalement, Mai 68 est un état d’esprit qui a perduré bien après le mois de mai.

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