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24/10/2016 05h:40 CET | Actualisé 23/10/2017 06h:12 CET

De la feuille à la tôle

Le mot de la fin revient à Aicha Filali qui a écrit un texte très juste sur l'œuvre de Slim Gomri dans le fascicule qui accompagne l'exposition: "Slim n'a pas de jardin chez lui mais une plante d'intérieur. Il l'a transformée en dentelle d'acier".

Avez-vous déjà regardé en détail une feuille de philodendron? Sa forme, ses découpes, sa souplesse, la lumière qui se joue des nervures? Pour la plupart d'entre nous cela reste un végétal, une plante grasse qui égaye un coin de maison. Entre les mains d'un artiste cela peut devenir tout autre chose....

Slim Gomri est né dans la photographie. Son père était de la partie et accumulait dans la maison familiale des cartons débordant d'images. Alors Slim prit à son tour un appareil photo. Il va photographier la Tunisie, l'artisanat, les paysages, l'aube et le coucher du soleil, les reflets sur le lac en cherchant une pureté du regard, l'essentiel sans être minimaliste.

En participant à un projet sur l'artisanat il travaille le gros plan, allant grossir un détail, un morceau de cuir, deux brins de laine tissés ou juste l'email d'une céramique. Ce travail lui permet de revisiter son regard, d'observer le détail pour le grossir ou en travailler un motif. Il met alors en place un nouveau travail sur les feuilles de philodendron avec l'idée de partir d'un motif végétal à la découpe créative. Il en photographie une feuille, deux, trois, travaille le noir et blanc, accentue les contrastes, supprime les gris et le motif apparaît et ce passage à la matière se fait comme une évidence. Il transpose sur la tôle ce motif né de la feuille et retrace dans la matière épaisse et rigide l'alternance des pleins et des vides.

Chez Musk and Amber, l'architecture du lieu, permet une installation Nuages tout à fait intéressante où les toiles découpées fixées en hauteur, nous domine et nous offre un jeu d'ombre et de lumière qui se reflète sur le sol. Alors qu'adossés aux murs, des totems aux découpes géométriques nous font face, dans lesquels la légèreté des motifs magnifie la matière qu'est cette tôle vieillie. Il y a beaucoup d'élégance dans ce travail et le visiteur peut sentir l'amour de l'artiste pour la matière et sa maîtrise de la technique. Alors le mot de la fin revient à Aicha Filali qui a écrit un texte très juste sur l'œuvre de Slim Gomri dans le fascicule qui accompagne l'exposition: "Slim n'a pas de jardin chez lui mais une plante d'intérieur. Il l'a transformée en dentelle d'acier".

Exposition «Transfiguration(s)» de Slim Gomri à Musk and Amber jusqu'au 29 octobre.

Une œuvre de slim Gomri est visible sur l'Immeuble Ardésia à La Marsa.

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