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26/07/2014 01h:58 CET | Actualisé 25/09/2014 06h:12 CET

De la délicatesse criminelle d'Israël

  • "Allo, oui, bonjour" (toute la communication est en hébreu, sous-titrée en français),
  • ...! (On n'entend pas le répondant).
  • "Ah, vous comprenez l'hébreu, parfait, ça va bien?"
  • ...!
  • "Je me présente, je fais partie de l'armée israélienne et je vous appelle parce que nous allons bombarder votre maison. Nous voulons nous assurer qu'il n'y a pas personne aux alentours".
  • "Et s'ils ne quittent pas les lieux, qu'est ce que vous faites", interroge le journaliste?
  • Nous tirons un premier missile de petite portée qui ne fait que de petits dégâts matériels. D'habitude, c'est suffisant pour qu'ils comprennent que l'on est sérieux et ils finissent par partir", répond l'officier.

  • "Allo, oui, bonjour" (toute la communication est en hébreu, sous-titrée en français),
  • ...! (On n'entend pas le répondant).
  • "Ah, vous comprenez l'hébreu, parfait, ça va bien?"
  • ...!
  • "Je me présente, je fais partie de l'armée israélienne et je vous appelle parce que nous allons bombarder votre maison. Nous voulons nous assurer qu'il n'y a pas personne aux alentours".
  • "Et s'ils ne quittent pas les lieux, qu'est ce que vous faites", interroge le journaliste?
  • Nous tirons un premier missile de petite portée qui ne fait que de petits dégâts matériels. D'habitude, c'est suffisant pour qu'ils comprennent que l'on est sérieux et ils finissent par partir", répond l'officier.

Nul besoin d'aller plus loin dans le contenu de ce cynique appel téléphonique qui est au centre d'un reportage de télévision, une action de communication devant expliquer et justifier "l'opération bordure protectrice" contre Gaza.

Le message des militaires israéliens est clair, net et précis. Il ne souffre d'aucunes fioriture, ni salamalecs inutiles.

Ce passage pourrait être tiré d'un scénario de film à l'humour noir qui narguerait les Jacques Massu, Colin Powell et Norman Schwarzkopf réuni ou leurs adeptes. Sauf qu'il s'agit d'un reportage (un vrai!) de guerre réalisé et diffusé par une chaîne d'information continue israélienne quelques jours après de cette opération criminelle "bordure protectrice" qui a fait, au 18e jour, plus de 800 morts et plusieurs milliers de blessés parmi les civils palestiniens de Gaza.

L'armée israélienne n'hésite pas à balancer sur les habitants de Gaza "des obus qui relâchent des fléchettes en acier", comme le rapporte le journal britannique The Guardian avec des photos à l'appui concernant les bombardements du village de Khuzaa, le 17 juillet.

Cet appel téléphonique, symbole du "savoir-vivre-et-massacrer" israélien, est ainsi effectué, le plus normalement du monde, de la routine ou presque, par un officier de l'armée israélienne à un habitant de Gaza pour lui annoncer un malheur, la destruction de sa demeure et une nouvelle errance nouvelle à l'intérieur de la grande prison qu'est devenue Gaza.

Dans le même reportage, le commandant de l'une des escadrilles qui balancent chaque jour des centaines de bombes sur des civils Gaza confie "avoir de la peine quand il apprend que des enfants sont tués" du fait de ses raids. Délicatesse criminelle israélienne oblige, le même officier nous apprend attendre la même réaction émotionnelle chez ses aviateurs. "Si je constate qu'un de mes pilotes ne ressent pas ce sentiment de peine, je l'éjecte de mon groupe", explique-t-il.

Mais, l'humanisme israélien n'a pas à en souffrir. Toute la communauté internationale ou presque l'atteste. De Barack Obama à François Hollande, "notre ami", en passant par Stephen Harper, le premier ministre canadien, et notre autre "frère" égyptien le Raïs Sissi, tous nous rappellent qu'Israël a le droit de se défendre contre les roquettes du Hamas. Tous ferment les yeux sur la logique coloniale qui habite la démarche d'Israël depuis plus d'un demi-siècle. Tous oublient que Gaza est un territoire palestinien qui accueille une importante population qu'un "État" voisin agresse et soumet à un blocus depuis des années.