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26/03/2019 08h:46 CET | Actualisé 26/03/2019 08h:47 CET

De l’"État profond" à l’"État civil" : Le Hirak expliqué aux nuls par Saidani !

NurPhoto via Getty Images

Amar Saidani, ex Président de l’assemblée (APN) et ex secrétaire général du Front de libération nationale (FLN) a utilisé l’expression ”État  profond” vingt deux fois dans son ubuesque interview à TSA ! Vingt deux fois Ya 3adjaba !  D’après lui “Toutes les décisions, qui ont suscité les doutes des citoyens, sortaient sur ordre de l’État profond et de son représentant à la Présidence de la République”. C’est profond comme constat en effet !

Saidani aurait insisté pour la construction d’un ”État civil”. “Parce que l’État  actuel ne l’est pas”, nous précise t-il ! Yeeeehhhh !

Propulsé comme observateur averti de la scène algérienne, Saidani distingue trois groupes dans le mouvement populaire actuel qui a redonné du sens aux revendications des citoyens :

-          la population, qui refuse “la vacuité actuelle à la Présidence de la République”

-          les partis “qui veulent avoir des acquis”

-          les “infiltrés” qui ciblent la Présidence de la  République.

Hé ben ! Là on comprend mieux ! Tout ça ! Zide Ya Amar, Zid Allah Ikhalik !

Ils ont tellement fait de choses depuis 1992 (arrêt du processus électoral) !”.

Zide Ya Amar, Zide ! On est tellement ému par ces révélations !

“Le hirak doit avoir un résultat avec la construction d’un État civil, une justice indépendante et une presse libre. Ces trois revendications peuvent sauver le pays”.

Ya Amar, Zide… le peuple profond se régale de vos déclarations

“L’État profond exploitait le FLN. Il ne peut plus le faire. Les infiltrés à l’intérieur du hirak, parmi les partis ou l’État profond, veulent écarter le FLN de la vie nationale”

Ya Saleeeeeeeeeeeeem ! Ya Amar vous êtes El mehdi Elmounthadar ! Zid Ya Amar…

Le FLN est dirigé par un groupe de hors la loi, désigné par l’État profond. Ouyahia a une main dans la désignation de ce groupe”.

Yew ???

Tout est illégal actuellement au FLN”

Hé ben ! Pourtant c’est le Parti du Président wela lala  ?

L’une des raisons de mon retrait du secrétariat général du FLN est mon refus d’un cinquième mandat pour Bouteflika. Je me suis retiré avant l’heure. Je savais que le cinquième mandat était contre les intérêts du président”.

Bravo Ya Si Amar ! Bravo. Visionnaire !

Une dernière ya Si Amar ?

“Le FLN peut présenter au moins trois candidats : Abdelaziz Belkhadem, Abdelmadjid Tebboune et Mouloud Hamrouche. Ils peuvent se présenter au nom du parti. Nous ne pouvons pas soutenir un candidat qui n’est pas militant du FLN”.

Allah ibarek !

Avec cette interview surréaliste, El Manchar est rhabillé pour ce printemps ! 

Et dire que ce personnage a été à la tête du “plus grand parti algérien”, le FLN, pendant trois années et de l’Assemblée Nationale Populaire pendant pratiquement la même durée.

Cet homme extravagant s’en prend aux Zaouias, aux ex-ministres et ambassadeurs qui ont lâché Bouteflika  après avoir profité de ses largesses, et à Ouyahia l’auteur des lettres du Président “qui se charge de l’envoi du parapheur et de son retour”.

Ham Idhahak ou ham ibekki ! Manquait juste la photo du parapheur présidentiel !

En lisant cette interview, je me suis pincé pour voir si je ne faisais pas un cauchemar.

Cette interview n’est qu’une preuve de la déconfiture au sommet de l’État  qui est plus superficiel que profond.

Pendant ce temps,

- Bedoui n’arrive toujours pas à former son gouvernement. Qui accepterait de jouer à cette comédie de mauvais goût ?

- Lamamra tente de rallier les “puissances étrangères” à la cause de l’”État profond”

- L’ ”État  profond” tente de faire peur aux citoyens en brandissant la menace « islamiste »

- Les citoyens continuent de manifester et espérer des lendemains meilleurs

- Les tentatives de récupération du mouvement se multiplient et se diversifient.

Mais le peuple profond, lui, sait !

Au risque de nous répéter, l’opacité du pouvoir fait partie des constantes nationales. Les déclarations de Saidani ne font que le confirmer. 

Nous travaillerons ensemble pour soutenir le courage là où il y a la peur, pour encourager la négociation là où il y a le conflit, et donner l’espoir là où règne le désespoir”,disait Mandela.

Gardons cet espoir. Tôt ou tard  Echemms etoul  3lina ! Tôt ou tard !