MAROC
03/04/2018 12h:39 CET

"Danser Casa": Huit jeunes talents du hip-hop font danser le Maroc

La première représentation aura lieu à Casablanca le vendredi 6 avril.

Danser Casa

CULTURE - Du 6 au 20 avril 2018, dans le cadre de sa saison culturelle, l’Institut français du Maroc met le hip-hop à l’honneur en organisant une tournée du spectacle “Danser Casa. Toute la troupe sera de passage pour plusieurs représentations dans les villes de Rabat, Tétouan, Meknès, El Jadida et Agadir. La grande première aura lieu à Casablanca ce vendredi.

Deux grands chorégraphes à la direction artistique

Le projet “Danser Casa” est né il y a un peu plus d’un an. “Tout a commencé à l’issue d’un voyage exploratoire il y a un an et demi”, explique Anne-Sophie Dupoux, productrice du spectacle. “J’ai voulu développer un projet autour de l’importante communauté de danseurs hip-hop à Casablanca”. En effet, ce spectacle s’inspire de l’effervescence artistique de la capitale économique et du Maroc en général autour de cette discipline pour proposer un voyage à travers les époques et les techniques du hip-hop.

Pour monter ce spectacle, Anne-Sophie Dupoux a fait appel à deux grandes figures du genre: Kader Attou et Mourad Merzouki. Ces deux célèbres chorégraphes français témoignent d’un parcours exceptionnel avec plus de vingt ans de création chorégraphique. Ils sont à la tête de deux centres chorégraphiques nationaux et ont porté les valeurs de la culture hip-hop dans de nombreux théâtres en France puis à l’étranger. “Kader et Mourad ont tout de suite dit oui et sont venus avec moi pour rencontrer les danseurs”, confie Anne-Sophie Dupoux. “Après de nombreuses années sans avoir collaboré, leur envie de co-créer ensemble un spectacle pour des danseurs, dans une démarche artistique et de transmission, m’a beaucoup séduite”.

Parmi les quelques 200 danseurs auditionnés par les deux chorégraphes, huit ont été retenus: Ayoub Aberrante, Mossab Belhajali, Yassine El Moussaoui, Oussama El Yousfi, Aymen Fikri, Stella Keys, Hatim Laamarti et Ahmed Samoud.

Des danseurs sélectionnés pour leur histoire

Ces huit danseurs de hip-hop font preuve d’une technique de haut niveau et témoignent d’une réelle volonté de se surpasser. Pour ce spectacle, ils ont uni leur expérience et leur histoire pour en faire une création originale, comme l’explique Mossab Belhajali, danseur de la troupe: “Nous sommes tous Marocains sauf Stella, la seule femme du groupe, qui est Congolaise. Les chorégraphes nous ont sélectionnés en fonction de notre histoire et de notre univers personnel. Dans la troupe, nous avons tous un univers différent et une histoire à raconter”.

Originaire de Salé, le danseur de 29 ans a suivi une formation dans les arts du cirque. Un atout puisque allié à la culture urbaine du hip-hop, ce mélange devient unique. “Kader et Mourad nous ont laissé le temps de trouver notre identité et se sont adaptés à nous pour construire la chorégraphie, tout en prenant en compte les attentes du public. À travers la chorégraphie du spectacle, ils ont essayé de retranscrire le fonctionnement du Maroc et de Casablanca”, explique Mossab.

À force de travail, de volonté et d’investissement personnel, les deux chorégraphes, entourés d’un compositeur, d’un éclairagiste et d’une costumière, ont réussi à donner à ces danseurs l’opportunité d’exprimer leurs talents et leurs sensibilités, tout en les accompagnant dans leur professionnalisation. “Je suis ravi de faire partie de ce projet. C’est une nouvelle expérience pour moi, riche en émotion et qui va m’apporter plein de choses. Ça me permet de découvrir le travail de groupe mais aussi de découvrir d’autres univers et suivre d’autres chemins”, ajoute Mossab.

Nadir Houboub / LUzine

Un spectacle basé sur les valeurs d’excellence et d’humanité

Sur scène, les huit protagonistes présenteront avec passion le fruit d’une année de travail. Pendant une heure, ils raconteront une histoire, tant poétique que puissante, autour du corps, du collectif et du vivre-ensemble. “Il n’y a pas vraiment de concept”, explique la productrice du projet, “c’est plus basé sur les valeurs d’excellence, d’énergie et d’humanité. Ça raconte l’histoire d’un groupe d’individus dans une ville, qui dansent ensemble avec les moments de bonheur mais aussi les moments de tension que cela peut parfois engendrer”.

En marge des représentations, l’équipe de “Danser Casa assurera des ateliers et rencontres avec des élèves et des danseurs marocains, dans l’objectif de transmettre son savoir-faire et de partager l’histoire de cette création. Après la tournée dans le réseau de l’Institut français du Maroc, ce spectacle sera présenté dans le cadre du Festival Montpellier danse 2018 en juin, puis lors d’une tournée en Europe et dans le monde arabe la saison prochaine.

Une expérience dont se réjouit le jeune danseur qui confie ses intentions de devenir chorégraphe: “Je suis ravi de représenter ce spectacle dans le monde entier. Même si j’ai déjà eu l’occasion de faire une tournée avec le cirque, ce sera une nouvelle expérience enrichissante. Plus tard, j’aimerais devenir chorégraphe et apporter ma touche en mélangeant les arts du cirque à la danse hip-hop”.

Programme de la tournée :

Casablanca: vendredi 6 avril à 20h30 au Théâtre Moulay Rachid

Tétouan: lundi 9 avril à 19h au Centre Culturel de Tétouan

Meknès: mercredi 11 avril à 20h au Théâtre de l’Institut français de Meknès

Rabat: samedi 14 avril à 20h à la Salle Bahnini

El Jadida: mardi 17 avril à 19h au Théâtre Said Afifi

Agadir: vendredi 20 avril à 19h au Théâtre de verdure de l’Institut français d’Agadir