TUNISIE
07/05/2019 21h:15 CET | Actualisé 07/05/2019 21h:57 CET

Dans une interview accordée au Figaro, Nabil Karoui s'en prend à Youssef Chahed et au gouvernement

Il dénonce "un retour vers un État policier" en Tunisie et égratigne Youssef Chahed et le gouvernement.

Getty Editorial

Dans une interview publiée, mardi, sur le journal français le Figaro, le fondateur de la chaine Nessma Tv est revenu sur les circonstances de l’arrêt de diffusion de la chaine (qui a rediffusé depuis) mais a surtout profité pour s’attaquer au chef du gouvernement Youssef Chahed, dénonçant un retour vers “un État policier”.

Interrogé sur la liberté d’expression entre l’épisode Persepolis (du nom du film d’animation du même nom qui avait entrainé une fatwa contre Nabil Karoui et des agressions menées par les Salafistes contre le siège de la chaine en 2011) et aujourd’hui, Nabil Karoui affirme: “Nous devions nous opposer à Ben Ali et aux islamistes à l’époque, nous devons aujourd’hui lutter contre le gouvernement de Youssef Chahed qui, lui, lutte contre les libertés d’expression et enferme des blogueurs en prison pour leurs opinions” citant en exemple le dernier rapport de l’ONG Human Rights Watch qui y fait référence.

“On nous menace et nous envoie le fisc en permanence, sans compter les pressions que subi la rédaction puisque nous n’avons pas voulu nous aligner, et devenir une chaîne de télévision qui bénit ce gouvernement désastreux pour la Tunisie” a-t-il poursuivi avant d’expliquer que “la Tunisie est presque devenue un Etat-policier”.

Le fondateur de Nessma Tv ne mâche pas ses mots concernant le gouvernement actuel affirmant que celui-ci “est en train de mettre la pression sur un grand nombre d’individus car il est dans une situation de conflit d’intérêts”, faisant référence au lancement du parti “Tahya Tounes”, parti du chef du gouvernement. “Nous sommes très inquiets de la tournure que prennent les évènements, notre crainte est de ne pas avoir d’élections justes et libres” a-t-il fustigé.

Concernant sa position vis-à-vis “des islamistes”, en référence au parti Ennahdha, Nabil Karoui estime qu’ils “ont changé d’attitude, il n’y a plus de menace”. Selon lui, ces derniers sont dans “une logique d’entrisme” soutenant de “le gouvernement de manière passive ”.

Ce n’est pas la première fois que Nabil Karoui s’en prend ouvertement au chef du gouvernement. Après la décision de la HAICA d’arrêter la diffusion de la chaine, il s’en était déjà pris à Youssef Chahed et à son gouvernement, dénonçant une décision politique, ce qu’avait réfuté la HAICA.

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