01/07/2019 16h:52 CET | Actualisé 01/07/2019 16h:52 CET

Dans un plaidoyer, les Etats Généraux des entreprises citoyennes s'engagent pour les générations futures

Il sera présenté à l'ONU en septembre prochain.

Thinkers & Doers

ECONOMIE - Un plaidoyer a clôturé les travaux de la seconde édition des Etats généraux des entreprises citoyennes qui s’est tenue du 28 au 30 juin à Essaouira. Ce plaidoyer, qui sera présenté en septembre prochain aux Nations Unies, est le résultat d’une réflexion commune, celle de 250 personnes toutes réunies pour un seul et même objectif: accorder au dialogue et à la coopération entre les entreprises, la société civile et les institutions publiques l’importance qu’ils méritent.

Dans ce manifeste, les entrepreneurs et entreprises engagés pour la prospérité, nous mettent en garde contre “une minorité d’idées qui continue à diriger le monde”. Il n’est pas question, pour eux, d’épouser “l’idée que la croissance économique est une fin en soi”, ni celle de “nous adapter au changement climatique” en en faisant “la rançon du progrès”. “L’idée que les inégalités sont justifiées et porteuses de dynamisme économique″, ils n’en veulent pas non plus. C’est se tourner vers l’humain et la nature que plaident ces hommes et ces femmes. 

Pactiser avec le futur et rompre avec le passé

Pour les participants, il faut tourner la page des ces idées/spectres qui ″continuent à nous hanter, à nous diviser, à décomposer l’humanité et la nature. Nous y sommes encore attachés car elles sont l’héritage du 20e siècle”. Dans leur plaidoyer, ils se disent convaincus “que les solutions du 20e siècle sont les problèmes du 21e siècle″. A leurs yeux, les générations futures, “ce sont nos enfants qui défilent dans les rues pour espérer vivre une vie décente″, relevant que les entreprises doivent changer d’alliances, pactiser avec le futur et rompre avec le passé.

“Les crises sociales et écologiques ont atteint une telle ampleur que nous devons créer des coalitions nouvelles. Nous vivons dans un monde global et horizontal où des entreprises pèsent plus que des Etats, où des ONG communiquent plus que la télévision, où des individus influent par millions sur les mentalités”, souligne le plaidoyer. Ce dernier met en avant le besoin d’agir pour initier “un mouvement sans précédent et une mobilisation générale en temps de paix”. Dans la foulée, ils ont précisé que les entreprises doivent se réinventer pour y prendre toute leur part, faisant savoir que pour cela, aucune étape ne doit être sautée avant d’arriver à des résultats tangibles.

Et de poursuivre qu’à l’heure où l’opinion est plus organisée et plus exigeante que jamais, les entreprises n’ont pas à attendre une contrainte réglementaire pour organiser une compétition vers le haut, vers plus de justice, plus d’écologie, plus de transparence. C’est dans cette émulation que “nous conquerrons de nouveaux marchés, que nous attirerons les talents, que nous nous enracinerons dans la société”, estiment-ils.

Pour les signataires du plaidoyer, “nous avons moins besoin d’idéologie que de données et d’indicateurs. Mesurer l’impact de la finance, l’état de la nature, l’attractivité des territoires, l’efficience de la diversité humaine, l’efficacité des technologies, c’est démontrer scientifiquement que sont possibles et nécessaires une finance solidaire, une agriculture sans chimie, des communautés à taille humaine, et des collectifs de travail reflets de la société”.

“Rien n’est acquis, nous ne sommes pas infaillibles, la conscience de l’urgence peut nous amener à faire bloc et à changer d’échelle, tout comme à chaque étape, elle peut nous paralyser″, précisent-ils, avant de conclure que “la voie est étroite, les délais serrés, nous avons besoin du concours de la société et des Etats pour atteindre la vitesse qui nous libérera d’un modèle de société en crise, et nous fera retrouver la confiance des générations futures″.

Cette deuxième édition des Etats Généraux des Entreprises Citoyennes a été aussi ponctuée par la définition et l’approbation de cinq actions concrètes qui seront mises en place à l’issue du rendez-vous d’Essaouira, à savoir, outre ce plaidoyer à soumettre à l’ONU, le lancement du ″Cercle ‘Equality for Growth’, des campagnes d’engagement “On est prêt”, le lancement d’un accélérateur à Essaouira et du Trophée du progrès social en entreprise.