MAROC
13/06/2018 10h:57 CET | Actualisé 13/06/2018 10h:58 CET

Dans "Ocean's 8", Rihanna porte des dreadlocks et ce n'est pas anodin

La coiffure de Nine Ball dans "Ocean's 8" contribue à lutter contre les discriminations.

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BEAUTÉ - Rappelez vous, en 2016, Rihanna était apparue sur les réseaux sociaux, avec une toute nouvelle coupe de cheveux: des dreadlocks. Pour beaucoup, ce style capillaire ancestral associé à des mèches de cheveux emmêlées avait été pensé pour les besoins d’un film. C’est désormais avéré.

Comme l’explique Yusef Williams, le coiffeur attitré de l’interprète de “Diamonds”, auprès de Refinery29, la fameuse coiffure a été réalisée à la demande de la chanteuse pour coller au plus près de son rôle dans le nouveau long-métrage de Gary Ross “Ocean’s 8″.

À l’affiche aux côtés de Sandra Bullock, Cate Blanchett, Anne Hathaway ou encore Mindy Kalling, Rihanna incarne le personnage de Nine Ball, une pirate informatique originaire des Caraïbes, fière de ses racines, qui s’est retrouvée aux États-Unis un peu par hasard. Une héroïne à laquelle la chanteuse s’est identifiée et pour laquelle elle a tenu à s’impliquer, à commencer par sa coiffure.

“Nous avons pensé que ce serait un geste fort, raconte Yusef Williams. Ses dreadlocks permettaient ainsi de conserver le lien avec le continent africain. Elle a tenu à garder son accent. Elle ne voulait pas être une Américaine quelconque dans ce film. Nine Ball est une fille des Caraïbes qui se trouve être aux États-Unis.

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Le coiffeur poursuit: “Quand les gens portent des dreadlocks, c’est comme si c’était leur couronne. C’est leur fierté et leur joie. C’est comme une fleur, vous devez la nourrir et la regarder grandir”. Une tâche qui lui a demandé un boulot considérable. L’expert capillaire et ses trois assistants ont travaillé main dans la main pendant 3 heures pour obtenir le résultat. “C’est vraiment beaucoup de travail et cela nécessite généralement 10 heures quand on est tout seul”, explique-t-il.

Un message fort

Mais le jeu en vaut la chandelle. Historiquement, les dreadlocks datent d’il y a plusieurs millénaires. Apparue à l’époque de l’Égypte ancienne, cette coiffure s’est ensuite imposée chez plusieurs communautés du monde entier, et notamment chez certains descendants d’Afrique chez qui elle évoque un sentiment d’appartenance à la culture panafricaine.

Aujourd’hui, nombreuses sont les personnes, et notamment les femmes et les hommes noirs, à être stigmatisées ou discriminées pour avoir porté des dreadlocks. En France, par exemple, Aboubakar Touré, un steward de 40 ans chez Air France, a été mis à pied cinq jours, en 2012, pour sa coiffure. Aux États-Unis, où les cas sont plus médiatisés, la situation est similaire. Une petite fillette de 7 ans a notamment été renvoyée de son école pour la même raison, en 2013.

Grâce à son personnage au cinéma, Rihanna véhicule un message fort. Les dreadlocks ne sont pas inappropriées, les gens doivent l’accepter. “Elle les a rendues, au choix, glamour et, ensuite, décontractées, au gré de ses envies, estime Yusef Williams. [...] Apprêtez-vous à la revoir avec ses dreadlocks, c’est sûr. Je ne sais pas quand, mais ça va arriver.”

Cet article a initialement été publié sur le HuffPost France.