TUNISIE
02/09/2019 10h:56 CET | Actualisé 02/09/2019 10h:56 CET

Dans des extraits d'une interview accordée à El Hiwar Ettounsi, Slim Riahi descend en flamme Youssef Chahed

L'Interview de Slim Riahi sur El Hiwar Ettounsi devait être diffusée dimanche mais a été reportée à Mercredi pour des "raisons techniques". Une vidéo a été publiée sur les réseaux sociaux.

Alors qu’une interview du candidat à l’élection présidentielle Slim Riahi devait être diffusée dimanche sur la chaine El Hiwar Ettounsi, celle-ci a été reportée pour des raisons “techniques” indique la chaine.

Face à ces explications, Slim Riahi affirme que l’interview s’est déroulée “de façon naturelle” malgré “des conditions de tournage et de déplacements en France difficile”, celui-ci affirme avoir répondu à toutes les questions espérant qu’il s’agit “seulement de problèmes techniques”, laissant planer un doute sur une intervention politique.

 

Dans la soirée, une vidéo (Ci-dessus) comportant quelques passages l’interview a été publiée sur les réseaux sociaux au sein de laquelle l’ancien fondateur de l’UPL tacle le chef du gouvernement Youssef Chahed.

Interrogé par Sami Fehri sur le vote de confiance des députés de l’UPL au profit du ministre de l’Intérieur Hichem Fourati, Slim Riahi évoque une transaction avec Youssef Chahed.

“On m’a proposé de voter la confiance pour le gouvernement pour assainir la relation avec Youssef Chahed en contrepartie, il commençait à règles mes problèmes graduellement” affirme-t-il faisant référence à ses déboires judiciaires.

“Je leur ai demandé d’intervenir, d’enlever l’interdiction de voyage qui pèse sur moi. Ils m’ont dit, c’est bon nous l’enlèveront” poursuit-il faisant lire des échanges qu’il aurait eu par SMS avec Youssef Chahed.

Arrestation de Nabil Karoui 

Dans cette vidéo Slim Riahi revient également sur l’affaire Nabil Karoui évoquant certaines pressions émanant de la Kasbah. “Nabil Karoui a été traité injustement, on l’a attaqué. Il est candidat à la présidentielle et premier dans les sondages. Il allait devenir président” affirme Riahi.

“Il existe une cellule à la Kasbah dirigée par un juge qui est spécialisé pour organiser certaines opérations avec des juges au profit de Youssef Chahed” accuse-t-il. “La justice n’est pas encore indépendante” poursuit-il évoquant des “couloirs” d’accès à la justice qu’aurait Youssef Chahed pour faire pression sur certains dossiers.

“Pour moi, il avait toujours un obstacle au niveau de la Cassation, il ne pouvait pas l’influencer. A priori, il a réussi à trouver un accès” attaque Slim Riahi en référence aux décision de justice prises à son encontre.

Le “coup d’Etat contre Béji Caid Essebsi”

Interrogé sur la vérité concernant la volonté par certains partis politique de faire un “coup d’Etat” contre le président de la République Béji Caid Esssebsi, le 27 juin dernier, Slim Riahi martèle qu’un plan dans ce sens existait.

“La stratégie était de faire grandir le bloc parlementaire (...) pour phagocyter Nidaa Tounes. En faisant grandir le bloc parlementaire et avec l’appui d’Ennahdha, on arrive à 145 députés, soit la majorité. Ils auraient alors déclaré ‘une faute grave’ de Béji Caid Essebsi (...) et l’auraient destitué en lui créant de toute pièce cette ‘faute grave’ ” révèle Slim Riahi ajoutant avoir eu cette explication de Lazhar Akermi, membre du bureau central du parti Tahya Tounes et expliquant que cela aurait dû se dérouler dès le mois de mars 2019, bien avant le problème de santé de Béji Caid Essebsi.

Ennahdha “a acheté Youssef Chahed”

Concernant les relations entre Youssef Chahed et Ennahdha, le candidat à l’élection présidentielle indique que Mehdi Ben Gharbia, proche du chef du gouvernement, a joué les intermédiaires avec le parti présidé par Rached Ghannouchi.

“Ennahdha a acheté Youssef Chahed” déclare Slim Riahi. “Il est égoïste. Il s’est dit qu’il allait arriver là où il voulait en sachant qu’il allait être utilisé. Ce n’était pas un problème pour lui”.

Soupçonné de blanchiment d’argent et de suspicion de corruption, Slim Riahi est recherché par la justice tunisienne qui a émis à son encontre un mandat de dépôt le 17 avril dernier.

En fuite à l’étranger depuis novembre 2018, il avait porté plainte contre le chef du gouvernement et d’autres personnalités pour tentative de coup d’État, une plainte qui sera classée sans suite par la justice militaire malgré deux convocations pour témoigner.

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