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16/10/2018 16h:53 CET | Actualisé 16/10/2018 16h:54 CET

En ces temps incertains, seule la musique de “Baba El Hédi” est encore là!

Seule la musique intemporelle de “Baba El Hédi” est encore là, majestueuse, envoûtante et rebelle.

wikimedia

“Baba El Hedi” (“The man behind the microphone”) est un film qui revient sur l’histoire de Hédi Jouini, réalisé par sa petit-fille Claire Belhassine.

Un film à savourer.

Un film hors temps qui nous transporte loin de l’amertume ambiante, à des années lumière, vers une ère Bourguibienne incomparable, hors-norme.

Un film documentaire qui suscite plein d’émotions et de chaudes larmes pour un temps révolu et un artiste hors-pair.

Une Tunisie plurielle qui conjugue le temps et les religions, les races et les gens dans une tolérance exquise.

 

Il a chanté “Ninette” une de ces beautés juives, l’amour de sa vie.

Il a chanté le “mektoub” qui les a fortement unis bravant traditions et interdits.

Il a chanté la Tunisie de ces années de transition où les Tunisiens, tous les Tunisiens derrière un seul et unique homme Bourguiba avec tous ses torts et tous ses biens ont retroussé leurs manches pour construire leur pays fraîchement décolonisé.

Il a chanté la transition douce de son pays sans véritable instance (comme l’IVD par exemple) mais avec une véritable volonté d’avancer sans haine, ni vengeance, ni demi-vérité.

Il a chanté la femme à son apogée, de la femme au foyer et au sefsari soyeux à la femme de terrain qui sillonne le pays dans ses moindres contrées. La femme soignante, la sage-femme pour traiter une collectivité, distribuer un vaccin de masse ou un “dépouillage” généralisé.

Une adulation d’un Bourguiba non pour sa personne mais pour les pas géants progressistes qu’il a fait enjamber à son peuple parmi tous les peuples arabo-musulmans qui dormaient profondément, ensevelis sous des siècles de sous- développement et de misère. 

Baba El Hédi a chanté cet engagement et plus.

Il a chanté la vie tout court et jamais la mort.

“Baba El Hedi”,

Mon père et tous les autres qui comme lui ont été les pionniers pour nous, ont tracé tout un passé dont je ne saurai me départir.

Un passé dont nous ne pouvons qu’être fiers et que des mains sales et obscures tentent de balafrer en défigurant le présent d’une Tunisie devenue méconnaissable.

La saleté et la laideur de ses gens, la corruption et la criminalité, la politique et les compromissions ont eu fortement gain de cause sur sa resplendissance. 

Le populisme, la cupidité, la prostitution et le travestissement des hommes politiques sans précédent a ruiné tout patriotisme et tout rêve de véritable révolution.

Un véritable terrorisme d’État qui se prend à l’âme même de ce pays, ses piliers, ses valeurs et ses richesses.

Un pays qui ne répond plus de ses racines mais d’un ramassis de “je ne sais quoi” sorti du noir, des pensées et courants obscurantistes.

Un pays qui n’embaume plus le jasmin mais une affreuse odeur d’encens venue d’ailleurs où tout est interdit, du rire de la femme à son corps et son émancipation. 

Un pays qu’on veut absolument déchiqueter pour avoir une meilleure mainmise sur lui et ses richesses et pour pouvoir le faire basculer dans les ténèbres et le moyen-âge.

Seule la musique intemporelle de “Baba El Hédi” est encore là, majestueuse, envoûtante et rebelle. Elle se dressera à jamais entre eux et nous et finira, invincible, par les emporter tous dans les égouts de l’Histoire.

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