MAROC
05/12/2018 14h:29 CET | Actualisé 05/12/2018 14h:30 CET

Daniel Brühl: Le festival de Marrakech, "c'est un rêve que je vais être triste de quitter dimanche"

L'acteur germano-espagnol a accueilli la presse dans un restaurant de La Mamounia.

EFE
Daniel Brühl et sa femme Felicitas Rombold sur le red carpet du Festival international du film de Marrakech, décembre 2018.

FIFM - Pour cette 17ème édition, le Festival international du film de Marrakech (FIFM) accueille un jury de taille, présidé par le réalisateur américain James Gray. Les réalisatrices Tala Hadid, Joana Hadjithomas et Lynne Ramsay, les actrices Ileana D’Cruz et Dakota Johnson, l’acteur Daniel Brühl et les réalisateurs Laurent Cantet et Michel Franco vont devoir départager les 14 films en compétition pour remettre samedi soir l’Étoile d’or du meilleur film.

Leur emploi du temps est chargé, entre les projections, les réunions et la découverte de la ville ocre. Mais, ce 4 décembre, Daniel Brülh, mondialement connu pour son rôle dans “Good Bye Lenin!”, a accueilli la presse dans un restaurant de La Mamounia. Ses premiers pas à Marrakech, sa place dans le jury, les rôles qu’il a joués et ses premiers pas en tant que réalisateur... Rencontre avec l’acteur germano-espagnol avant la remise de prix prévue le 8 décembre.

“C’est si inspirant d’échanger avec des producteurs intéressants”

“Hier soir, avec ma femme, on a mangé dans un restaurant très typique. J’avais besoin de goûter un vrai couscous marocain, pas un couscous français”, raconte Daniel Brühl pour débuter son entretien. “Ensuite, nous sommes allés au souk et au magnifique musée des Confluences”, ajoute-t-il, avant de lancer un “shukran” parfait au serveur venu lui apporter un café.

L’acteur de 40 ans, très attendu sur le tapis rouge lors de la cérémonie d’ouverture, n’en est pas à sa première fois en tant que membre d’un jury. “Je l’ai déjà été dans un petit jury de films à Cannes et dans le jury principal du 65ème festival de Berlin (Berlinale). J’ai toujours aimé. C’est si inspirant d’échanger avec des producteurs intéressants”, souligne Daniel Brühl. “C’est aussi très inspirant d’être capable de voir autant de films en une semaine”.

L’acteur qui joue Alex dans “Good Bye Lenin!”, le film de Wolfgang Becker sorti en 2003 et récompensé aux Césars et aux Golden Globes, a tenu à souligner la qualité du festival de Marrakech. “C’est la première fois que j’assiste à des master class d’un tel niveau. C’est incroyable de retrouver Scorsese qui parle de ses films, De Niro, Guillermo del Toro ou encore Agnes Varda”, confie-t-il. “Et en plus de ça, je suis dans l’emblématique ville cinématographique de Marrakech que je vais explorer pour la première fois. Donc c’est un rêve que je vais être triste de quitter dimanche”.

AFP

Être jury quand on est acteur

Comment juge-t-on un film quand on est acteur? Daniel Brühl confie qu’il reste difficile, pour lui, de juger le film dans sa totalité. “On vient tout juste d’avoir 30 minutes de discussion avec le jury. C’était intéressant de voir que Dakota, Ileana et moi on parle, à chaque fois, des acteurs en premier, on leur donne plus d’attention. Mais j’essaye quand même, puisque je suis membre du jury, de voir le film dans son ensemble avec les connaissances que j’ai”, affirme l’acteur. 

Pour départager de manière la plus juste les 14 films en compétition, il s’inspire alors des discussions avec les réalisateurs et producteurs présents à ses côtés dans le jury. Différents points de vue, différentes approches, qui permettent, finalement, de voir les choses autrement.

“Ce qui est dur aussi, c’est de donner une impression immédiatement. C’est donc bien d’avoir des discussions après quelques jours parce que, parfois, ton avis a mûri”, ajoute-t-il.

Jouer le rôle du gentil ou du méchant?

Revenant sur sa carrière, Daniel Brühl se rappelle du rôle d’Alex dans “Good Bye Lenin!”, qui l’a propulsé sur la scène internationale mais aussi longtemps enfermé dans la case du “gentil”. 

“Je pense qu’on est tous d’accord entre acteurs, on veut surtout jouer le rôle des méchants. Mais tu dois d’abord avoir l’opportunité. ‘Good Bye Lenin!‘, a été une chance. Il m’a apporté une reconnaissance internationale. Mais le film eu tellement de succès qu’après, les gens m’ont mis dans cette case: tout le monde pensait que j’étais le mec gentil en Allemagne. Ça a duré assez longtemps”, raconte l’acteur.

L’opportunité arrive quelques années plus tard, sur le continent américain où ses rôles ont pris une dimension complètement différente. Daniel Brühl pouvait enfin s’essayer au rôle du méchant. Comme dans “Inglourious Basterds”, le film de Quentin Tarantino où il interprète un caporal nazi, Fredrick Zoller. “Aux États-Unis, il est vrai que les Européens jouent souvent les rôles qui vont avec leur pays. Les Russes et les Italiens pour la mafia. Les latino-américains pour les dealers de drogue. C’est toujours un combat d’obtenir des changements”, souligne l’acteur.

Changement de cap avec ses nouveaux projets 

 Cette année, Daniel Brülh a choisi d’accepter moins de rôles, qu’ils soient “gentils” ou “méchants”. “J’ai dit non à des films parce que je voulais me concentrer sur autre chose. Le projet le plus important pour moi, aujourd’hui, est mes débuts en tant que réalisateur en Allemagne”, confie-t-il, sans en dire plus sur le film qui sera terminé avant la fin de l’année prochaine.  

Un nouveau challenge pour l’acteur, après plus de 25 ans de carrière devant la caméra. “Je suis prêt à échouer. Ça sera peut-être un désastre mais ça ne me fait pas peur”, confie-t-il.

“J’ai également participé, pour la première fois, à la production d’un film”, ajoute l’acteur. Un film dans lequel il a aussi endossé son rôle principal, celui d’acteur, “My Zoé”.“J’ai tourné avec Julie Delpy, qui l’a réalisé. Il est presque terminé et j’en suis vraiment fier, c’est un film très fort.”

En attendant, il fera également partie du prochain “Kingsman: The Great Game”, réalisé par Matthew Vaughn. ”Ça devrait être une expérience très intéressante et très drôle”.