05/11/2015 09h:48 CET | Actualisé 05/11/2015 10h:00 CET

Croissance, déficit budgétaire, disparités sociales...Ce que pense le FMI de l'économie marocaine

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Croissance, déficit budgétaire, disparités sociales...Ce que pense le FMI de l'économie marocaine

CROISSANCE - Le bilan est mitigé, mais prometteur. Du 21 octobre au 4 novembre dernier, une mission des services du Fonds monétaire international (FMI) a séjourné au Maroc dans le cadre d’échanges avec les autorités marocaines relatifs au renforcement de la résilience et du potentiel de l’économie marocaine.

"Une gestion macroéconomique prudente et la poursuite des réformes structurelles ont été bénéfiques pour le Maroc au cours des dernières années", relève d’emblée la mission de l’institution monétaire dans un communiqué publié sur son site.

Selon Nicolas Blancher, qui a dirigé cette mission, le taux de croissance devrait atteindre 4,7 % cette année, en raison notamment d’une "bonne campagne agricole". En revanche, "le secteur non agricole du Maroc connaît une reprise timide", au moment où la relance économique escomptée par l’Europe s’avère plus lente que prévu.

L’institution constate que le déficit des transactions extérieures continue de se réduire en 2015, et devrait selon le FMI atteindre seulement 1,5 % du PIB. La raison ? Une diminution de la facture des importations d’énergie et d’alimentation, ainsi qu’une croissance des exportations d’automobiles et des transferts de fonds des Marocains résidents à l’étranger.

Des efforts récompensés…

La délégation du FMI se réjouit de la diminution du déficit budgétaire qu’elle impute aux mesures prises par le gouvernement, notamment celle portant sur la réforme des subventions aux produits pétroliers. Introduite fin décembre 2014, elle prévoyait de mettre un terme à ces subventions, dont le coût annuel pour les finances publiques avait dépassé en 2012 les quatre milliards d’euros.

"La mission salue les efforts déployés pour continuer de renforcer les finances publiques, comme en témoigne le projet de loi de finances 2016 qui vise une baisse du déficit budgétaire à 3,5 % du PIB".

…quand d’autres sont encore attendus

Bien que le taux de pauvreté, le chômage et les inégalités aient diminué au cours des dix dernières années selon les remarques émises dans le communiqué, "il convient de réduire les disparités sociales et régionales, de continuer d’accroître le taux d’activité des femmes, et d’améliorer la qualité de l’éducation et de la couverture médicale".

Dans le but garantir sa pérennité, le régime des retraites doit également être soumis à une profonde réforme. Une disposition parmi d’autres qui permettrait d’orienter la dette publique à la baisse: "en effet, celle-ci reste soutenable et en mesure de résister à divers chocs, mais il est souhaitable de la réduire pour renforcer davantage les marges de manœuvre de l’économie".

Les vives tensions géopolitiques qui agitent une partie de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient ont engendré une hausse des prix mondiaux de l’énergie, couplée à une volatilité inquiétante sur les marchés financiers mondiaux. Les conséquences qui en découleront n’épargneront probablement pas le royaume.

Le taux de croissance avancé par le FMI est proche des récentes prévisions de l'agence de notation financière internationale Fitch Ratings (4,6%) et du Haut-commissariat au plan (4,4%).

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