ALGÉRIE
23/07/2019 13h:35 CET

Crise politique : les choix de Ali Benflis

Anadolu Agency via Getty Images

Dans une longue contribution publiée par le quotidien El Watan du mardi 23 Juillet, le Président de Talai El-Houriyet, Ali Benflis sonne la sonnette d’alarme et averti des risques qu’encourent le pays face à la crise politique qui perdure.  “Dans notre pays, la crise demeure essentiellement politique. Mais elle a incontestablement le pouvoir d’agir en facteur déclenchant sur d’autres crises latentes ou potentielles de nature économique et sociale. C’est là que réside sans conteste le danger le plus grave et le plus imminent qui menace notre pays”.

“Un Exécutif, dépourvu de légitimité et de crédibilité, n’est pas le meilleur rempart à lui opposer. Une crise politique qui occupe tout l’espace et focalise sur elle toutes les attentions empêche de voir l’horizon économique et social qui s’assombrit et les présages d’autres temps tourmentés qui s’y multiplient jour après jour”, explique l’ancien PM. 

C’est la deuxième sortie médiatique de Ali Benflis en une semaine. Le 21 Juillet, il accordait un entretien au site qatari Al jazeera dans lequel il saluait le rôle de l’armée depuis le début du Hirak. “L’institution militaire a grandement contribué à la concrétisation des revendications du Hirak(…) et nul ne peut nier cette réalité ou tenter de la réduire”, a-t-il-déclaré.  Pour Ali Benflis l’armée “s’était d’emblée mise du côté du peuple et l’a aidé à faire aboutir ses revendications». Par ailleurs, Ali Benflis a affirmé que l’armée “a choisi de se mettre dans le camp du Hirak populaire et qu’elle s’est engagée à l’accompagner jusqu’à la satisfaction de ses revendications pleine et entières”.

Ces sorties médiatiques à répétition peuvent s’expliquer par l”a gravité du moment” que souligne l’ancien candidat à la présidentielle.  Pour des observateurs de la scène politique algérienne, il est plutôt question d’appels du pied en direction de l’institution militaire qui ne semblent pas avoir trouvé, pour le moment, un écho favorable auprès du patron de l’ANP et homme fort du régime, Ahmed Gaïd Salah. Pire. Le plan de sortie de crise concocté par le Forum Civil pour le changement semble avoir un meilleur impact auprès des décideurs. Pour preuve, l’empressement avec lequel le Chef de l’Etat intérimaire Abdelkader Bensalah s’est empressé de qualifier de pas positif” l’initiative du Forum de la société civile pour le changement et sa liste de 13 personnalités nationales sensées mener le processus de facilitation du dialogue.

A l’inverse l’initiative à laquelle avait adhéré Ali Benflis n’a pas eu l’impact escompté. La conférence nationale de dialogue tenue en début du mois a été victime de ses propres initiateurs et de son rejet par une partie de la classe politique.