MAROC
27/09/2018 12h:03 CET

Crise PJD-RNI: Akhannouch se dit scandalisé par "les réactions surdimensionnées" du PJD

"A partir d’aujourd’hui il n’est plus possible que le RNI se laisse prendre pour cible"

Anadolu Agency via Getty Images

PARTIS - Il est sorti de son silence. Le patron du RNI, Aziz Akhannouch, n’avait pas réagi au message adressé par l’adjoint du secrétaire général du PJD, Slimane El Omrani, lundi dernier, au RNIste Rachid Talbi Alami suite à ses propos “ayant dépassé les limites de la critique” aux yeux du parti de la Lampe. El Omrani, qui se demandait si les propos du ministre de la Jeunesse et des Sports représentaient une position personnelle ou celle du RNI, peut avoir la certitude que le parti de la Colombe les assume. Rachid Talbi Alami était “dans son rôle et dans son droit de s’exprimer quant aux choix économiques que notre pays pourrait ou devrait suivre ou éviter”, assure Aziz Akhannouch dans une déclaration officielle.

Le RNI défend “un droit d’expression” dont son allié a de nouveau dénoncé le contenu, hier, dans un communiqué du secrétariat général du PJD publié à l’issue de sa réunion tenue mardi. Dans ce dernier, le parti du chef du gouvernement souligne “la gravité des propos d’un membre du gouvernement” et se dit indigné par “cette attaque en violation des principes de cohésion”. Le PJD va même jusqu’à remettre en question la présence de Rachid Talbi Alami dans le gouvernement: “Nous sommes étonnés qu’un ministre reste dans un gouvernement conduit par un parti qui, selon ses déclarations, ‘porte un projet étrange visant à détruire le pays’”.

Une invitation à Talbi Alami à démissionner du gouvernement que le RNI rejette. Dans sa déclaration, Akhannouch affirme que son parti est “sidéré par cette profusion de réactions surdimensionnées et inintelligibles qui ont pris pour cible un membre du bureau politique”. Il qualifie ainsi d’“inconcevable l’acte du bureau politique du PJD, parti à la tête de la coalition gouvernementale, qui est allé jusqu’à se fendre d’un communiqué de presse pour attaquer publiquement un membre du bureau politique du RNI”.

Et c’est au PJD que le RNI fait porter, cette fois-ci, la responsabilité de faillir à la cohésion en “situant le débat” en dehors des “critiques ou des échanges sur des questions majeures”. Citant, en exemple, la problématique du chômage qui a pris “des proportions endémiques ces 7 dernières années”, le parti de la Colombe regrette de devoir affronter “des tentatives de prise en otage des débats et d’occupation de la scène avec des tiraillements vides et stériles”.

“Nous sommes scandalisés”, lance le patron du RNI promettant, dans sa déclaration, qu’”à partir d’aujourd’hui il n’est plus possible que le RNI se laisse prendre pour cible”. Estimant avoir “souvent fait l’impasse sur des attaques non négligeables”, le RNI se montre convaincu de la nécessité d’y répondre. Et pour cause “les concitoyens ne comprendraient plus que nous encaissions autant de calomnies sans réagir”, explique Akhannouch, précisant également que “les auteurs de ces attaques les portent avec tellement d’énergie et ne lésinent sur aucun moyen de propagande que ça en devient une obstruction à toute tentative de travail sérieux”.

Le RNI plaide la légitime défense face au PJD et se montre prêt à assumer la crise qui risque de s’amplifier entre les deux partis. Pour le confirmer, sur le champ de la bataille, la jeunesse du RNI n’a pas hésité, à son tour, à tirer à boulets rouges sur le parti du chef du gouvernement. La vice-présidente de l’organisation de jeunesse RNI et présidente de la section régionale Rabat-Salé-Kénitra, Yasmine Lamrhaouar, a déclaré que “l’attaque du PJD sur le RNI est du terrorisme politique”. Accusant le PJD d’avoir suscité la crise, elle soutient que “ses comportements négatifs” sont à l’encontre “des appels royaux à une participation plus importante des jeunes sur la scène politique”.

Yasmine Lamrhaouar va même jusqu’à accuser le parti de la Lampe de chercher à “monopoliser” la scène en “censurant toutes les voix qui contredisent son opinion”. “Doit-on demander une autorisation de s’exprimer au PJD ?”, s’interroge-t-elle.