ALGÉRIE
20/11/2015 03h:09 CET | Actualisé 20/11/2015 04h:35 CET

Au CPP: Daech, "le malaise français" et le "cercle du doute" qui s'élargit en Algérie

Les sanglants et spectaculaires attentats de Daech à Paris et le "cercle du doute" qui s’élargit autour de la santé du président Abdelaziz Bouteflika ont été, jeudi 19 novembre, les deux thèmes abordés au Café Presse Politique (CPP), l’émission politique de Radio M, la web radio de Maghreb Emergent.

De quoi Daech est-il le nom ? D’un terrorisme "ancré qui n’est plus de passage" et pour lequel les Européens doivent se préparer, a noté Mounir Boudjemaa en relevant que la France a basculé avec ces "attentats de la 1ère fois" dans une "nouvelle dimension".

Akram Kharief estime que ces attentats étaient à prévoir en raison de la forte pression militaire exercée sur Daech. Abed Charef a choisi d’emblée de mettre les choses en perspective en relevant que les attentats viennent avec dix ans de décalage avec l’intervention américaine en Irak, en 2003.

Saïd Djaafer a abondé dans le même sens en relevant que le monde entier se trouve toujours dans la "séquence Bush" même sous Barack Obama qui ne pèsera pas autant sur l'état du monde que l’action des néo-conservateurs.

La France doit "s'ajuster"

L’intervention américaine en Irak, dit-il, avait un objectif évident de morcellement du pays en trois entités, elle a créé des conditions sans précédent permettant à un mouvement djihadiste dont le nombre est par définition restreint à devenir un mouvement de masse avec un "basculement massif" des sunnites en Irak.

Abdelkrim Ghezali a tenu à rappeler que "le terrorisme est le produit de l’impérialisme mondial" et qu’il fait jouer à Daech le rôle de diviseur du monde musulman entre sunnite et chiite. Al-Qaïda n’a pas joué cette partition, Daech le fait, "l’occident récolte ce qu’il a semé" a-t-il ajouté.

El Kadi Ihsane a pointé un "malaise dans la société" qui fait de la France le principal pays exportateur de djihadiste en Europe. La France doit "s’ajuster" dit-il mais pas dans le sens demandé par Nicholas Sarkozy et les droites françaises.

La France doit réduire le "hiatus spectaculaire" entre son engagement sur une dizaine de théâtre de conflits dans le monde alors qu’elle n’en a pas les moyens. Le second ajustement est qu’elle doit mettre sa politique extérieure en accord avec son évolution démographique.

Elle "ne peut pas continuer à rester pro-israélienne comme cela a été le cas jusqu’ici alors qu’elle a une forte communauté arabo-musulmane... Si cette inflexion ne se fait pas, la France aura toujours des problèmes."

Abed Charef élargit la perspective : la question palestinienne, non résolue, va continuer à peser et à "susciter des vocations djihadistes et kamikaze sur les deux siècles, les français doivent le savoir... "

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4ème mandat : le cercle du doute s’agrandit

Dans la seconde partie, il a été question des "rumeurs qui n’en finissent pas de fleurir" sur l’état de santé du président Bouteflika. " Officiellement, le président aurait vu le match Algérie Tanzanie" relève Akram Kharief, mais cela n’enlève rien au fait que les gens se posent des questions et que les rumeurs vont bon train.

El Kadi Ihsane souligne que ce qui se passe à l’international "rend les Algériens encore plus attentifs" au fait de savoir si le président est en mesure d’exercer le pouvoir. L'action des 19 montre que la "crise politique devient de plus en plus aigüe"

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Abdelkrim Ghezali relève que Sofiane Djililal a appelé l’armée à intervenir via le Haut Conseil de sécurité (HCS) sur la vacance du pouvoir. Il critique une forme d’hypocrisie dans la démarche des 19 qui consiste à ne pas nommer franchement les choses

Abed Charef ironise: "Soufiane Djilali en appelle au HCS qui est présidé par Bouteflika et où siège Gaïd Salah". El Kadi Ihsane a qualifié "d’erreur" la charge de Mohcine Belabbas contre les "19" alors qu’elle permet tactiquement des "convergences" avec la CNLTD.

"Mais pourquoi le président ne reçoit-il pas les 19" insiste demande Souhila Benali. Parce que, répond Abed Charef, il est piégé. " Il n’a que des mauvaises solutions. S’il les reçoit, il faut qu’il soit en mesure de délivrer un message fort. S’il ne les reçoit pas, il est dans son droit mais..."

Sur le fond, souligne-t-il, le geste des 19 a eu déjà son impact maximal : il a élargi le cercle du doute sur la capacité du président à exercer son mandat.

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