ALGÉRIE
04/07/2018 16h:25 CET | Actualisé 07/07/2018 08h:27 CET

Courir au jardin d'Essai ne sera plus gratuit, la Direction s'explique

DEA / ARCHIVIO J. LANGE via Getty Images

Les joggeurs habitués du Jardin Botanique El-Hamma, situé dans la commune de Belcourt, à Alger, ne pourront plus accéder à leur circuit habituel. Du moins, gratuitement.

La Direction du site a annoncé que les personnes désirant courir dans l’enceinte du jardin devront à l’avenir se munir d’un dossier et payer des frais, justifiant par ailleurs sa décision suite au “bad buzz” que cette annonce a suscité sur les réseau sociaux. 

Das une affiche placardée à l’entrée du Jardin botanique, le service de communication a expliqué que les personnes “désirant pratiquer la course à pied dans l’enceinte du jardin sont priées de se présenter pour s’inscrire au centre d’information et d’orientation” de l’établissement.

L’administration exige des joggeurs de présenter un dossier, comportant 02 photographies et une photocopie de la carte nationale d’identité, et de payer des frais de 1000 Da le mois et 2500 Da les trois mois.

Cette décision n’est pas passée inaperçue. Loin de là. Largement partagée sur les réseaux sociaux, cette image a suscité de multiples réactions divergentes. Plusieurs internautes, habitués à courir dans le jardin ou non, se sont interrogés sur la raison de ce changement, y allant chacun de son opinion.

Certains joggeurs ont exprimé leur “compréhension”, justifiant les frais à payer par la “propreté du Jardin”, l’“aménagement d’un circuit” ou la “mobilisation du personnel”.

D’autres ont regretté être “obligé de payer pour courir”, exprimant leur intention de choisir un autre lieu pour effectuer leur jogging. 

La Direction a réagi à ce “buzz”. Dans une déclaration au HuffPost Algérie, le directeur du Jardin d’essai, Abdelkrim Boulahia, a expliqué qu’à travers cette décision, son établissement entend formaliser et régulariser cette activité sportive, qui posait des soucis, réglementaires et sécuritaires. 

Il a rajouté que cette décision s’inscrit dans le cadre du changement de statut du jardin Botanique, qui est passé en mars 2017 d’une Entreprise à caractère administratif (EPA) à une entreprise publique à caractère industriel et commercial (EPIC).

“Après le changement de ce statut, le Jardin d’Essai devait s’auto-financer et nous avons décidé de créer plusieurs activités commerciales, parmi lesquelles des activités sportives, dont le jogging”, a-t-il expliqué.

Le Jardin d’Essai propose également d’autres activités, comme la location de salles de conférences ou la location d’espaces pour activités diverses, tels les tournages, a rajouté M. Boulahia. 

“Un tarif symbolique”

Concernant la décision d’instaurer un dossier pour les habitants désirant courir dans l’enceinte du Jardin d’essai, le même responsable a expliqué que cet établissement devait en urgence régulariser cette situation.

“Nous subissons depuis des années une pression insoutenable de la part de coureurs, qui exigent à chaque fois des gardiens du jardin de les laisser entrer pour courir. Du point de vue réglementaire, c’était illégal de les laisser passer car le Jardin était considéré comme une EPA, non autorisée à accueillir une activité sportive”, a-t-il rajouté. 

M. Boulahia a affirmé qu’autoriser ces personnes à entrer après la fermeture des lieux provoquait nombreux soucis avec les forces de sécurité. “Ces coureurs n’étaient pas non plus assurés et en cas d’accident grave, le Jardin aurait subi beaucoup de préjudice”, a-t-il expliqué. 

Les frais exigés avec le dossier couvrent ainsi l’assurance du coureur, “qui profitera, par ailleurs, d’un circuit réservé, un accès gratuit à partir de 18H et de la sécurité grâce au personnel mobilisé”. Une mobilisation qui pourrait être justifiée, grâce à cette régularisation.

Abdelkrim Boulahia promet d’ailleurs une amélioration continue du site, grâce aux recettes positives que le Jardin génère.

“En 2016, nous avons enregistré une recette de 12 milliards de dinars. Nous avons atteint 17.5 millards de DA en 2017 et nous tablons sur un chiffre d’affaires de 25 milliards de Da en 2018”, révèle-t-il. 

Des recettes qui se répercuteront dans l’entretien du Jardin, dont pourraient profiter les visiteurs et les joggeurs. “Ces derniers recevront de cette manière un badge, qu’ils devront présenter à l’entrée”, concut-il.

Le service de communication, de son côté, a rejeté les commentaires selon lesquelles l’accès à un jardin botanique n’est payant qu’en Algérie, affirmant que, à l’instar d’autres pays, où le nombre de visiteurs d’un jardin botanique est d’ailleurs limité, ce genre d’établissement propose plusieurs activités payantes.