TUNISIE
02/07/2018 15h:28 CET

Coupures d'eau dans plusieurs régions: "L'été 2018 sera difficile" prévient le P-DG de la SONEDE

L’été 2018 sera difficile compte tenu de la rareté de l’eau depuis 3 années successives, d’autant plus que les réserves des barrages ont baissé de 30%.

Zoubeir Souissi / Reuters
Image d'illustration

Le PDG de laSociété nationale d’exploitation et de distribution des eaux (SONEDE), Mosbah Helali, est revenu,lundi, sur les perturbations dans la distribution de l’eau de robinet dans plusieurs régions, depuis le 26 juin 2018 et la possibilité d’une augmentation tarifaire de l’eau, dans une interview accordée à Shems Fm.

Mosbah Helali a assuré que les perturbations dans la distribution de l’eau de robinet, dans les régions de Sfax, El Jem, Mahdia, Sousse et Gafsa, ont eu lieu suite à une panne imprévue, dans le canal principal de distribution de l’eau provenant du nord-ouest du pays.

Le PDG de la SONEDE a, tout de même, assuré que la société a essayé d’intervenir en urgence et d’informer les clients, et ce, en publiant un communiqué, le jour même où la coupure d’eau a eu lieu, sur le réseau social Facebook pour expliquer les raisons des perturbations dans la distribution de l’eau dans ces régions.

“La reprise d’eau a été tout simplement longue, à cause de la distance qui sépare la station de pompage et les régions concernées, qui dépasse les 130 km” a-t-il ajouté.

Il a, dans ce sens, indiqué que “la reprise de la distribution de l’eau est loin d’être aussi simple qu’elle en a l’air”. “Cela n’a rien à voir avec les coupures d’électricité, où on peut tout régler grâce à un simple bouton” a-t-il ajouté.

Évoquant le sujet de la rapidité de l’intervention des agents de la SONEDE pour réparer la panne, Mosbah Helali a souligné que les agents ont été rapides dans la réparation de la panne et que ça a pris seulement 12 h. Cependant, la distribution d’eau doit être progressive afin d’éviter tout risque de nouvelle détérioration des canaux qui servent à distribuer l’eau et éviter ainsi que la même panne ne se reproduise encore une fois.

Cette étape est selon lui la plus longue, “vu qu’il faut savoir gérer le flux d’eau pour éviter toute nouvelle complication” a-t-il clarifié.

Le PDG de la SONEDE a, par contre, exprimé son mécontentement face à l’acharnement de plusieurs personnes contre la société sur les réseaux sociaux, indiquant qu’il est “abusé” de dire que la coupure de l’eau a duré toute une semaine ajoutant que la distribution de l’eau a repris dans la plupart des régions sauf dans quelques délégations de la ville de Sfax.

Quant à la coupure d’eau à Sidi Bouzid, celle-ci a duré plus longtemps, à cause des travaux de la STEG a-t-il explqiué. La coupure d’électricité a empêché les stations de pompage de fonctionner. “Lorsqu’il y a une coupure de courant ceci impacte l’opération de pompage d’eau et cause l’arrêt de la distribution de l’eau” a-t-il expliqué. Il a, aussi, rappelé que la SONEDE est le premier client de la STEG au niveau de la consommation d’électricité.

Par la même occasion, il a invité les tunisiens à rationaliser l’utilisation de l’eau potable. “S’ils ne contribuent pas eux-mêmes dans la campagne de rationalisation de l’eau qu’a lancée la SONEDE depuis mars 2017, la société risque de rencontrer plus de problèmes dans le futur” a-t-il expliqué.

Mosbah Helali a par ailleurs indiqué que la SONEDE a prévu la réalisation d’un nouveau barrage dans une région à proximité du sud de la Tunisie pour faire face à ce genre de pannes. Il a, aussi, ajouté que les coupures dans la distribution de l’eau sont loin d’être préméditée. Selon le P-DG, l’été 2018 sera difficile compte tenu de la rareté de l’eau depuis 3 années successives, d’autant plus que les réserves des barrages ont baissé de 30%.

Le P-DG de la SONEDE a également affirmé avoir fait une demande auprès du gouvernement depuis 2017 pour augmenter les tarifs de l’eau, et ce, pour faire face à la crise que vit la société depuis un moment, cependant “les informations faisant état d’une éventuelle majoration des tarifs de l’eau sont des simples rumeurs” a-t-il rassuré.

La Tunisie qui compte pour une grande part, sur les cultures pluviales, est parmi les pays qui vivent sous le seuil de la pauvreté hydrique (460 m3 par personne, contre une moyenne mondiale de 1000 m3, un taux fixé par les Nations-Unies pour mesurer la pauvreté en eau).

Dans un rapport publié en 2015, la World Resources Institute classe la Tunisie parmi les 33 pays les plus susceptibles de connaitre un stress hydrique (ou pénurie d’eau) d’ici 2040.

Selon le rapport, la Tunisie se classe parmi les pays qui ont un risque très élevé de manquer d’eau dans les décennies à venir pouvant perdre ainsi plus de 80% de ses ressources naturelles d’eau d’ici 2040.

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