TUNISIE
14/06/2018 02h:05 CET

Coupe du monde 2026: Donald Trump a écrit à la Fifa pour assurer que ses lois anti-immigration ne s'appliqueraient pas pour le Mondial

Le président américain a lui-même écrit trois lettres à Gianni Infantino, selon le New York Times.

Win McNamee via Getty Images

MONDIAL-2026 - C’est une question que le Maroc n’a pas manqué de soulever en défendant sa candidature à l’organisation du Mondial 2026: toutes les fédérations et tous les spectateurs pourront-ils participer et assister aux matchs de la Coupe du monde organisés sur le sol américain, compte tenu de la politique isolationniste de Donald Trump et de ses décrets anti-immigration? Même si l’actuel président ne sera plus en poste à ce moment-là (même s’il est réélu en 2020), la situation a soulevé des inquiétudes, avant même quel’organisation de l’événement ne soit attribuée, ce mercredi 13 juin, au trio États-Unis/Mexique/Canada.

Afin de rassurer la Fifa et de consolider ses chances de remporter le duel face au Royaume, Donald Trump a donc lui-même envoyé trois lettres à l’instance internationale du foot pour assurer que sa politique n’empêcherait aucun ressortissant d’aucun pays du monde à venir profiter de l’un des événements sportifs les plus fédérateurs au monde.

Des lettres adressées à Gianni Infantino

Selon le New York Times, qui a pu consulter les lettres, ces dernières étaient directement adressées au président de la Fifa Gianni Infantino. Donald Trump y assure que toutes les équipes étrangères, les membres des délégations et même les fans pourront entrer sans restriction aux États-Unis à l’occasion de la Coupe du monde, si leur pays est qualifié.

“Je suis convaincu que les États-Unis accueilleront la Coupe du monde 2026 de la Fifa avec autant d’ouverture et de sens de la fête (que pour les JO de 1996 et 2002 et la Coupe du monde de 1994), et que tous les athlètes, officiels et fans concernés, de tous les pays du monde, pourront entrer aux États-Unis sans discrimination”, a-t-il écrit dans sa dernière lettre, datée du 2 mai.

 

“Le fait qu’il dise cela, qu’il l’écrive, dans l’atmosphère actuelle, c’est assez puissant”, a estimé le président de la fédération américaine de football, Carlos Cordeiro, interrogé par le journal.

Tous les hymnes chantés, tous les drapeaux nationaux montrés

Les commentaires récents de Donald Trump au sujet de certains pays africainset les vues du président sur l’immigration ont suscité les inquiétudes des fédérations sportives de nombreux pays au cours de la campagne américaine pour le Mondial 2026. Et les pays visés par les restrictions américaines sur les visas représentent une manne de spectateurs non négligeable: l’Iran, dont les ressortissants sont interdits d’entrée aux États-Unis de façon permanente, a par exemple été qualifié lors des deux derniers mondiaux.

La situation à la frontière avec le Mexique a également été pointée du doigt par les fédérations, inquiètes de voir les deux pays s’associer pour cet événement alors que les États-Unis durcissent toujours plus leur lutte contre l’immigration illégale et que Donald Trump n’a pas renoncé à son mur à la frontière entre les deux pays, dont il entend bien faire financer la construction par le Mexique. Dans une lettre envoyée à Gianni Infantino le 9 mars, le président américain a plaidé pour un “esprit de partenariat continental”. Trois jours plus tard, un autre courrier assurait en cinq points que tous les hymnes seraient chantés et tous les drapeaux nationaux montrés.

Dans un message posté sur Twitter le 26 avril, Donald Trump avait déjà fait preuve d’interventionnisme dans le dossier de l’organisation du Mondial, mais en menaçant les pays qui ne voteraient pas pour le trio lors de la consultation (à main levée) qui s’est déroulée ce midi. “Il ­serait dommage que les pays que nous soutenons fassent du lobbying contre l’offre américaine. Pourquoi devrions-nous soutenir ces pays lorsqu’ils ne nous soutiennent pas (y compris aux Nations unies)?”, avait-il écrit.

 

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