MAROC
13/06/2018 17h:45 CET

Coupe du monde 2018: à quoi s’exposent les joueurs avec l’arbitrage vidéo?

Plus facilement dissuadés de commettre des fautes.

Phil Noble / Reuters
Un arbitre regardant le moniteur rediffusant les images d'une action.

COUPE DU MONDE - C’est une grande première dans l’histoire de la plus prestigieuse compétition de football puisque pour la première fois en Coupe du monde, l’assistance vidéo fera partie de la panoplie des arbitres officiels. Les Lions de l’Atlas et leurs adversaires seront donc surveillés de très près. Mais qu’est-ce que cela implique? Jusqu’à quel point l’arbitrage est-il modifié? Cela a-t-il un impact sur le jeu des joueurs?

Plus aucune erreur tolérée

Un penalty non accordé qui aurait pu renverser le match, une simulation prise pour une faute dans la surface de réparation, un but qui n’aurait pas dû être… Depuis toujours, les compétitions sportives de football réservent leur lot de discordes concernant l’arbitrage. L’erreur est humaine, certes. Alors, pour pallier cette défaillance et éviter de nouveaux scandales, la FIFA a validé, le 16 mars dernier à Bogota, en Colombie, l’utilisation de l’assistance vidéo, également appelée “video assistant referee” (VAR), durant toute la compétition.

Un progrès auquel s’emploie ardemment, depuis ses prises de fonctions à la tête de la FIFA, le président Gianni Infantino, qui déclarait en février dernier qu’ “en 2018, on ne peut plus se permettre que tout le monde dans le stade, à la télévision ou sur son téléphone, puisse voir en quelques minutes que l’arbitre a commis une erreur”.

Sergei Karpukhin / Reuters
Le président de la FIFA, Gianni Infantino, prononce un discours lors de l'ouverture officielle du Centre international de diffusion de la Coupe du monde 2018 à Moscou, en Russie, le 9 juin 2018.

La vidéo à quatre conditions seulement

Ainsi, en cas de doute sur une quelconque interaction lors d’un match, les arbitres pourront faire appel au VAR. Mais attention, le recours à cet outil ne pourra s’effectuer que dans ces quatre cas de figure: pour valider ou non un but, pour attribuer ou non un carton rouge, pour analyser une action pouvant valoir un penalty ou corriger une erreur d’identification d’un joueur sanctionné.

Il faut savoir que seul l’arbitre central est en mesure de déclencher le processus de vérification. Par le biais de son oreillette, ce dernier se coordonne avec les arbitres assistants vidéo qui, depuis leur régie, revisionnent les actions. Ils informent immédiatement l’arbitre central de ce qu’ils voient sur la séquence et soit ce dernier accepte l’information et prend la décision appropriée, soit il peut faire le choix de vérifier lui-même en faisant un signe en forme de rectangle, indiquant qu’il désire regarder les images depuis le moniteur installé au bord du terrain.

En Russie, 13 arbitres ont été formés pour officier exclusivement derrière les écrans de contrôle, même si d’autres arbitres et arbitres assistants sélectionnés pour le Mondial seront amenés durant la compétition à leur prêter main-forte. D’après la FIFA, cette méthode aurait largement porté ses fruits puisque qu’au cours de la saison 2017-2018, dans le championnat national italien (série A), l’assistance vidéo aurait permis d’éviter 49 erreurs d’arbitrage sur 1078 utilisations du système. Elle aurait également eu un impact sur les mentalités des joueurs, plus facilement dissuadés de commettre des fautes. “Sans VAR, il y avait une faute d’arbitrage tous les trois matchs. Avec, plus qu’une tous les 19 matchs”, affirmait ce matin le président de la FIFA.

MLADEN ANTONOV via Getty Images
La vue d'une salle d'opération d'arbitrage vidéo assistant (VAR) du Centre international de diffusion de la FIFA, Russie (IBC), à Moscou, le 9 juin 2018.

Une formation rigoureuse pour les arbitres

L’expérience et la formation des arbitres est primordiale pour assurer le bon déroulement de l’utilisation du VAR. C’est pour cela que les 53 trios d’arbitres de la FIFA, présélectionnés pour couvrir le Mondial et issus de 46 pays différents, ont été rigoureusement formés. Au cours des trois dernières années, ces derniers ont suivi plusieurs séminaires préparatoires sur des différents thèmes englobant le fair-play, la protection des joueurs, l’image du football, la cohérence et l’uniformité des décisions, la lecture technico-tactique du jeu et la compréhension des différentes mentalités des joueurs et des équipes.

La sélection finale des arbitres officiels désignés pour partir en Russie a été faite sur la base de critères bien précis tels que: les compétences, la personnalité, la qualité de la compréhension du football ainsi que la capacité à lire le jeu et appréhender les approches tactiques des équipes. Un séminaire a eu lieu à Coverciano, au centre technique de la Fédération italienne de football. C’est ici que, durant deux semaines à la fin du mois d’avril, les arbitres ont été répartis en deux groupes incluant également les candidats à la fonction d’arbitre assistant vidéo.

Au cours des dix jours précédents le coup d’envoi de la compétition, l’emploi de l’assistance vidéo constitue l’objet d’étude principal du dernier stage de préparation des arbitres, qui a lieu à leur camp de base en Russie. La FIFA a fait en sorte de réunir toutes les conditions afin d’assurer une préparation optimale, pour cet événement de grande envergure et qui demande beaucoup de responsabilité et de sang-froid.

Axel Schmidt / Reuters
L'arbitre Felix Zwayer siffle un corner après consultation de l'arbitrage vidéo.

“Bénéfique pour le football”

Bien qu’elle soit expérimentée par la FIFA depuis 2016 et qu’elle ait prouvé son efficacité au cours d’environ mille matchs, notamment dans les championnats d’Allemagne et d’Italie, l’assistance vidéo suscite encore de profonds désaccords au sein de la haute sphère décisionnelle du football. 

Ce mercredi 13 juin, au cours du Congrès de la Fédération, celui qui se bat pour instaurer l’arbitrage vidéo depuis sa prise de position à la tête de la FIFA a tenu à rassurer les derniers craintifs en assurant que ce serait une réussite pour le football. “Le temps est venu de changer. Nous avons effectué des essais depuis mars il y a deux ans. Nous les avons menés avec sérieux. Notre conclusion est que c’est bénéfique pour le football”, a estimé Gianni Infantino.