MAROC
07/12/2015 03h:59 CET | Actualisé 07/12/2015 05h:58 CET

Les enjeux de la COP21 pour le Maroc décryptés par trois anciens ministres de l'Environnement

HuffPost Maroc
Les enjeux de la COP 21 vus par trois anciens ministres marocains de l'Environnement

ENVIRONNEMENT - Depuis le 30 novembre et jusqu'au 11 décembre, 150 pays sont réunis à Paris pour la COP21. A l'occasion de cette conférence mondiale sur le climat, dont la prochaine édition se tiendra à Marrakech en 2016, le HuffPost Maroc a donné la parole à trois anciens ministres marocains de l'Environnement. Amina Benkhedra, Fouad Douiri et Mohamed El Yazghi nous expliquent les enjeux d'un tel évènement.

Amina Benkhadra, ministre de l'Énergie, des mines, de l'eau et de l'environnement entre 2007 et 2012: "Le Maroc n'est pas épargné"

"Le Maroc n'est pas épargné par la menace du changement climatique", avertit d'emblée l'actuelle directrice générale de l'Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM), précisant que "dans notre pays, au climat aride ou semi-aride, les températures pourront augmenter de 1,5°C et les précipitations chuter de 10% d’ici 2030, phénomènes qui affecteraient gravement notre sécurité alimentaire, étendraient la désertification et amplifieraient l’exode rural". C'est ce qui a motivé, selon Amina Benkhadra, "la politique volontariste du Maroc à s'inscrire dans la dynamique du développement durable", présentée lors de la COP21 à Paris.

Dans ce sens, "la contribution déterminée du Maroc à la convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques confirme cette démarche avant-gardiste du royaume". Une participation qui sera davantage appuyée lors de la prochaine édition de la COP en 2016. "D’ores et déjà, on sait que la COP22 se penchera sur les questions de financement, d’innovation, et de transfert de technologie, sans quoi il n’y aura pas d’avancée dans cette problématique planétaire. Ce sont là les priorités que le Maroc défendra l'année prochaine", conclut Amina Benkhadra.

Fouad Douiri, ministre de l'Énergie, des mines, de l'eau et de l'environnement entre 2012 et 2013: "Les pays pauvres ne polluent pas mais subissent les conséquences du réchauffement climatique"

"L'engagement du Maroc pour l'environnement ne date pas d'hier", affirme l'ex ministre, qui estime que le Maroc a déjà conduit plusieurs réformes politiques allant dans ce sens, à l'image de l'instauration de la Charte nationale de l'environnement. Pour M. Douiri, le défi majeur de la COP21 est de "parvenir à des accords juridiques afin de réduire les gaz à effet de serre". "Il y a des intérêts divergents entre les grands pays industrialisés qui sont des pays pollueurs et les pays sous-développés qui ne polluent pas mais subissent les conséquences du réchauffement climatique à travers l'érosion et la précipitation des catastrophes naturelles".

Dans ce sens, "il y a une responsabilité commune mais différenciée au sujet de l'environnement", décrypte l'ancien ministre qui estime que "les pays riches devraient accompagner les pays pauvres à mieux gérer les changements climatiques". Toutefois, le Maroc reste un pays "qui pollue beaucoup moins que la moyenne mondiale". Un point positif pour le royaume qui a "une place d'honneur au sein de la COP21", et abritera l'édition prochaine à Marrakech.

Mohamed El Yazghi, ministre chargé de l'Aménagement du territoire, de l'environnement, de l'urbanisme et de l'habitat entre 1998 et 2007: "il faut établir des sanctions en cas non-respect des engagements"

Pour le ministre de l'Environnement des gouvernements El Yousfi et Jettou, "la participation du roi Mohammed VI en personne à cette COP21 est un signal fort de l'engagement du Maroc ".Engagement qui remonte selon lui à 2001 quand le Marrakech avait accueilli la COP7 .

L’ancien Premier secrétaire de l'Union socialiste des forces populaires (USFP) estime qu’un accord mondial pour contenir le réchauffement climatique ne suffit pas car "il faut établir des sanctions en cas non-respect des engagements".

Et l'ancien ministre d'ajouter que "la COP22 organisée au Maroc sera décisive dans la mise en application des résolutions prises lors de la COP21 et la vérification de l’implication réelle des Etats dans la protection de l’environnement".

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