MAROC
08/02/2019 18h:08 CET | Actualisé 18/02/2019 14h:54 CET

Contre les accidents de la circulation, les citoyens marocains appelés à signer une charte de bonne conduite

Près de 3000 signataires, pour le moment.

FADEL SENNA via Getty Images

INITIATIVE - Chaque jour, 9 à 10 personnes perdent la vie sur les routes au Maroc. Les accidents de la circulation font, en moyenne, 3.500 morts et 100.000 blessés au moins par an. Que faire alors pour réduire les accidents de la circulation? A cette question, le Comité national de prévention des accidents de la circulation (CNPAC) souhaite mieux impliquer le citoyen en lui proposant de signer un engagement, celui de respecter la Charte nationale de la bonne conduite sur la route.

“L’idée est très simple. Lorsqu’on discute du problème des accidents de la circulation, de manière générale, on a coutume de chercher ce que les autres n’ont pas fait, notamment au niveau des infrastructures. Mais le citoyen ne se pose pas la question sur comment peut-il contribuer”, déclare au HuffPost Maroc le secrétaire permanent du CNPAC, Benacer Boulaajoul. Une question que le comité considère comme centrale dans la lutte contre les accidents de la route.

A quelques jours de la célébration de la journée nationale de prévention des accidents de la circulation, le 18 février, c’est donc vers les usagers de la route que se tourne le CNPAC. Ce dernier a lancé la charte de la bonne conduite cette semaine avec un appel solennel aux citoyens: “Pour protéger ma vie et construire mon avenir, je m’engage à respecter la charte nationale de la bonne conduite sur la route”.

“Tout citoyen de tout âge peut contribuer à la sécurité routière de notre pays”, affirme Boulaajoul, soulignant que cet engagement relève “d’un principe moral et éthique”. “Souvent, les accidents de la route sont liés au non respect du stop, du feu rouge, de la vitesse limite ou encore à l’utilisation du téléphone au volant... Ces comportements sont la cause directe d’accidents et n’ont rien à voir avec l’acteur institutionnel”, précise-t-il. 

La charte s’adresse à quatre catégories: le piéton, l’usager des deux roues, le conducteur de véhicule et le conducteur professionnel. Chacun est appelé à signer un engagement qui consiste en le respect de quelques règles simples. “Ce sont des éléments basiques mais dont la valeur est inestimable”, tient à ajouter le secrétaire permanent du CNPAC. Entre autres, le piéton est, par exemple, appelé à utiliser les trottoirs et traverser la route en empruntant les passages qui lui sont dédiés. L’usager de deux roues, lui, doit s’engager à respecter les feux de circulation et porter le casque de protection.

Pour le conducteur de véhicule, le respect de la vitesse réglementaire et le port de la ceinture de sécurité font partie des engagements qui lui sont proposés. Quant au conducteur professionnel, il est appelé, entre autres, à effectuer les examens médicaux régulièrement et à respecter le nombre de passagers autorisés et la charge légale.

La charte réunit donc un certain nombre de devoirs mais appelle aussi le citoyen à faire preuve de tolérance et à apporter son eau au moulin de l’éducation à la sécurité routière. “Nous avons établi un plan de communication en intégrant l’ensemble des acteurs de la société, notamment des célébrités de différents secteurs qui ont signé cette charte”, annonce-t-il. Et de citer, entre autres célébrités, Hicham El Guerrouj, Nawal El Moutawakkil, Abu Azaitar, Samia Akariou et Naïma Lamcharqui. “Tous sont engagés pour cette charte et à en être des relais”, se réjouit Boulaajoul. 

Près de 3.000 signatures, jusqu’à l’écriture de ces lignes, ont été récoltées par cette charte. “C’est un engagement personnel qu’on n’a pas à légaliser auprès d’une autorité locale. Il s’agit, ici, d’une sorte de pétition engageante, valorisante qui dénote d’un sens citoyen. Rien ne justifie le nombre de morts qu’enregistre le Maroc, aujourd’hui. Les indicateurs des accidents de la circulation ne montrent que des progrès: la tendance est similaire à celle de 2001/2002. Mais on peut mieux faire”, insiste ce responsable. 

La charte ne vise pas à atteindre un nombre précis de signatures. “Personne n’est contre la sécurité routière. 2 millions ou 20 millions de signatures, ce sera toujours insuffisant, car la totalité des Marocains sont concernés (33 millions). Cette charte restera ouverte, un prétexte mobilisateur de tous”, explique le secrétaire général du CNPAC.

Sur Internet et à travers les associations, cette charte sera généralisée à grande  échelle. “Chaque signataire recevra un certificat d’engagement en remerciement”, indique notre interlocuteur. Il ne vous reste plus qu’à signer!