ALGÉRIE
09/10/2019 11h:56 CET | Actualisé 09/10/2019 13h:29 CET

Constantine: un an de prison ferme pour un porteur du drapeau berbère

Getty Editorial
Algerian protesters wave Amazigh (Berber) flags as they chant slogans during the weekly Friday demonstration in the capital Algiers on June 21, 2019. - Hundreds of Algerian protesters gathered in the capital despite a spate of arrests ahead of the latest weekly rally since the April 2 resignation of longtime president Abdelaziz Bouteflika, AFP correspondents said. The demonstrators in central Algiers brandished the Algerian flag that has been a mainstay of the protests but some also carried the Berber colours despite a ban on the minority's flag imposed this week by army chief General Ahmed Gaid Salah, Algeria's strongman since Bouteflika's ouster. (Photo by RYAD KRAMDI / AFP) (Photo credit should read RYAD KRAMDI/AFP/Getty Images)

Le manifestant Semmani Amazigh a été condamné par le tribunal de Constantine à un an de prison ferme pour “détérioration de l’emblème national” selon l’article 160 du code pénal, a fait savoir l’un de ses avocats, Kader Houali. 

Un appel sur la décision du juge près le même tribunal a été introduit. Il s’agit du premier porteur du drapeau berbère condamné par la justice à de la prison ferme.

Agé de 28 ans, Semmani Amazigh est originaire de Toudja, de la wilaya de Béjaïa. Ils se sont rendus lui et son camarade à Constantine pour faire du tourisme. Ils se sont faits arrêtés lorsqu’ils se photographiaient avec un drapeau berbère.

Kader Houali explique au HuffPost Algérie qu’au commissariat, “ils les ont obligés à signer des P.V. en arabe sans même comprendre de quoi il s’agit”. “Les policiers ont fouillés leurs téléphones sans autorisation du Procureur. Ils ont trouvé une photo d’un drapeau algérien jeté dans une poubelle”.

Semmani Amazigh a affirmé que la photo a été téléchargée de Facebook, selon le même avocat, qui dit avoir lui-même rencontré la même image.“Les deux personnes ne comprenaient rien à ce qu’ils leur arrivaient jusqu’à l’arrivée de leurs avocats, qui leur ont expliqué en kabyle ce qui se passe. C’est sur la base de cette photo qu’il est accusé de profanation de l’emblème”.

Son père a déclaré que le détenu “a signé un procès-verbal en arabe alors qu’il ne maîtrise pas la langue. Il l’a fait sous la pression. Il ignorait ce qui était écrit dessus”.

Les membres de la famille du détenu et les citoyens qui se sont déplacés pour lui exprimer leur solidarité ont été empêchés d’entrer au tribunal. 

Son camarade, Ameziane Fentiche, accusé de porter atteinte à l’intégrité nationale, a été acquitté. 

Le procureur près le même tribunal avait requis 5 ans de prison et 100.000 Da d’amende pour les chefs d’accusations “d’atteinte à l’unité national” selon l’article 79.