ALGÉRIE
14/04/2015 10h:25 CET | Actualisé 14/04/2015 11h:27 CET

Constantine se pare pour le jour J

A 48 heures de l'ouverture de la manifestation Constantine capitale de la culture arabe, le vieux rocher se pare de ses plus beaux atours pour accueillir ses invités de toute une année.

Rafraîchie, enjolivée, la cité bimillénaire de Constantine, berceau de la citadinité, affiche un nouveau visage. Certes ses habitants voulaient une plus large réhabilitation et un meilleur lifting, mais Constantine, affiche quand même un meilleur visage.

Devenant pour la première fois de son histoire et pour une année entière, capitale de la culture arabe, la ville qui a vu naître l'imam Abdelhamid Benbadis, ne pouvait pas ne pas abriter une telle manifestation.

L' envergure historique et le cheminement de l'antique Cirta à travers les âges n'est plus à démontrer. Fière, brave et révoltée, elle a refusé de plier le long de l'Histoire.

En fait, même si l'on se plait aujourd'hui à évoquer une cité bimillénaire pour désigner la ville de Constantine, rappelle l'Agence de presse algérienne (APS) qui consacre à la ville de nombreux reportages ces jours-ci, l'histoire du Rocher remonte à un million d'années comme l'ont prouvé les objets sphéroïdiques à facettes découverts en 1945 sur le plateau du Mansourah, en même temps que des outils d'australopithèques.

Le refus de l'assujettissement

Si le site du "Caillou" a ensuite accueilli de nombreuses civilisations qui ont toutes laissé des traces : numides, phéniciens, romains, byzantins, arabes, turcs et français, il fut aussi le terreau de multiples résistances.

Celle de Hadj Ahmed Bey en 1836, celle des hommes du Fida (qui peut oublier Messaoud Boudjeriou et ses camarades de lutte ?), celle de Zighoud Youcef à Condé-Smendou, celle de toutes les Constantinoises et de tous les Constantinois

qui refusèrent, à l'image de tous leurs compatriotes, de s'assujettir.

Solidement perchée sur un Rocher abrupt et majestueux qu'elle a su dompter au fil des siècles, Constantine est aussi une terre de penseurs. Il serait fastidieux - et quelque part périlleux - de vouloir les citer tous.

L'évocation de Constantine fait aussitôt penser à Abdelhamid Benbadis, fondateur de l'Association des oulémas musulmans algériens et figure emblématique du réformisme musulman dans le pays.

Benbadis, l'homme qui revendiqua ses origines berbères remontant aux Zirides et qui écrivit un jour d'avril 1936 "la nation algérienne n'est pas la France, ne peut pas être la France et ne veut pas être la France."

Constantine rappelle aussi aux esprits Massinissa, fils de Gaïa, le souverain unificateur tant aimé, Constantin 1er Le Grand dont la cité du Vieux Rocher porte le nom, Redha Houhou, père du roman algérien d'expression arabe, Malek Haddad, Kateb Yacine, Mohamed-Tahar Fergani, Ahlam Mosteghanemi, Benjamin Stora, Taoufik Bestandji, Raymond Leyris, mais aussi, beaucoup plus près de nous, Hassiba Boulmerka, Ali Saïdi-Sief et tant d'autres.

Cœur battant du monde arabe, envers et contre tout

Constantine sera dans moins de 48 heures, le cœur battant de tout le monde arabe. Tout n'est pas parfait, note l'APS mais souligne que des femmes et des hommes ont sué, nuit et jour, dans un environnement - bizarrement - pas toujours bienveillant, quelque fois ingrat, voire antagoniste, pour que la ville soit fin prête, pour qu'elle soit à la hauteur des attentes, pour qu'elle fasse honneur à l'Algérie.

Beaucoup, dit-on encore, "trouveront à redire sur chacun des édifices érigés pour l'événement. Cette grande manifestation

- la plus importante que Constantine n'ait jamais organisée et vécue - n'a sans doute pas fini d'alimenter de fielleuses polémiques".

Mais l'histoire, écrira encore le commentateur de l'Agence de presse algérienne, retiendra que "Constantine-La-Monumentale, convoquée une nouvelle fois par l'histoire, aura, le 16 avril 2015, franchi toutes les vicissitudes, de la même manière que ses ponts ont franchi le Rhumel et relevé le défi par la seule grâce de la volonté des hommes".

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Près de 300 caméras de surveillance opérationnelles

Près de 300 caméras de surveillance sont opérationnelles dans tous les quartiers de Constantine en prévision de la manifestation "Constantine, capitale 2015 de la culture arabe", a indiqué à l'APS le commandant du groupement territorial de Gendarmerie nationale, le colonel Bouziane Boumerdjane.

Ce système de télésurveillance, mis en place pour la première fois dans cette agglomération par ce corps de sécurité, est destiné à "mieux contrôler les principales artères, avenues et accès de la ville", a précisé cet officier lundi soir, en marge d'une sortie de terrain organisée en fin d'après-midi pour présenter le dispositif de sécurité déployé par la Gendarmerie nationale à cette

occasion.

L'installation de ces équipements s'inscrit également dans le cadre d'un vaste programme national de sécurisation des grandes villes, a-t-il déclaré, soulignant "l'impact" de ce système de surveillance dans la protection des personnes et des biens contre toutes formes d'agressions.

De même que l'opération "contribuera à fluidifier la circulation automobile et à réduire l'encombrement routier enregistré ces dernières années dans plusieurs endroits de la ville et de sa périphérie", a ajouté la même source.

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