ALGÉRIE
16/04/2018 18h:20 CET

Les Algériens seraient globalement satisfaits de leur système de santé (Etude UNOP)

L'Union nationale des opérateurs pharmaceutiques a présenté cette étude ce matin aux spécialistes et journalistes.

SARINYAPINNGAM via Getty Images
Docteur et patient. 

L’union nationale des opérateurs pharmaceutiques (UNOP) a présenté aujourd’hui 16 avril à Alger une étude sur la consommation des médicaments par les Algériens.

Réalisée par le bureau d’études spécialisées IMMAR, cette étude a eu pour objectif de “restituer la réalité du terrain quant à la consommation des médicaments en Algérie”, a expliqué le directeur d’IMMAR Brahim Sail.

Les résultats de cette étude démontrent globalement des résultats optimistes qui traduiraient l’appréciation du citoyen du système de santé algérien.

Parmi les points saillants de cette étude on retiendra que les Algériens préfèrent à 67% les structures sanitaires privées contre 57% les structures publiques.

Le taux de satisfaction des personnes soignées au sein des structures sanitaires privées est de 88% contre 81% de satisfaction vis-à-vis des services des structures sanitaires publiques. 

A ce propos, l’étude précise que les services de “CHU” et/ou “EPH” (Etablissements publics hospitaliers) sont ceux qui récoltent le plus la satisfaction de la population dont les niveaux d’études sont “non scolarisés, primaires et moyens”.

Il est intéressant de noter, toujours selon cette étude, qu’en revanche, les citoyens dont le niveau d’études est du “secondaire” et “supérieur” semblent apprécier plus les soins dispensés dans les polycliniques publiques.

Et la majorité de la population de tous les niveaux scolaires (exceptés ceux qui n’ont pas pas été scolarisés) préfèrent le cabinet médical et les cliniques privées.

Cette étude nous apprend aussi que 85% des Algériens questionnés “n’ont jamais rencontré de difficultés dans la consommation de leurs médicaments” (n’ont pas eu d’effets secondaires indésirables) et que seuls 13% ont “déclaré avoir eu une mauvaise réaction” aux médicaments pris.

77% des personnes interrogées ont affirmé consommer à la fois les médicaments fabriqués localement et importés. Parmi eux, 28% consomment exclusivement des produits locaux.

85% de l’échantillon questionné n’a jamais rencontré de difficultés dans la consommation de leurs médicaments et 13%s ont déclaré avoir eu une mauvaise réaction aux médicaments.

42% des personnes questionnées ont déclaré préférer consommer les médicaments qui sont des “princeps” et 8% disent préférer les génériques.

Enfin cette étude qui s’est donné pour objectif d’analyser les comportements des citoyens algériens en matière de consommation de médicaments révèle que 80% des personnes interrogées font confiance aux médicaments fabriqués en Algérie. Aussi, 60% déclarent savoir que la moitié des médicaments consommés en Algérie sont fabriqués localement.

Doutes et critiques des spécialistes de la santé

Les professionnels de la santé présents à cette conférence de presse et de présentation de l’étude n’ont pas manqué de relever des “insuffisances” et des “confusions” dans la réalisation de cette étude.

Certains ont ainsi déploré l’absence dans l’étude du “budget mensuel alloué par foyer aux médicaments”.

D’autres ont relevé des contradictions comme celle qui consiste à parler de la préférence des citoyens pour les médicaments fabriqués en Algérie alors que “souvent ces médicaments ont été fabriqués avec une forte composante de matières premières importées”.

Un journaliste a par ailleurs relevé une autre “contradiction”: le taux de satisfaction quant aux soins dispensés dans les structures publiques est estimé à 81% alors que la même étude révèle que 57% des personnes interrogées ne font pas confiance aux médecins qui exercent dans les structures publiques.

Le directeur de l’Institut de santé publique, présent à cette conférence, s’est quant à lui étonné du taux de satisfaction très élevé des Algériens par rapport à leur système de santé.

Si ce taux de satisfaction des Algériens se révélait être réaliste, “cela voudrait dire que notre système de santé a dépassé celui du Canada”, s’est-il exclamé.

Il a donc tenu à rappeler qu’en 2011 l’Organisation mondiale de la santé avait fait une enquête sur  l’accessibilité aux soins dans le monde, classant les pays dont “le taux d’accessibilité dépasse les 70% dans la zone verte” pour se demander si vraiment l’Algérie aujourd’hui fait partie de “cette zone verte”.

Il a également souligné une carence, selon lui, d’importance: celle de l’absence dans l’échantillon des “femmes en âge de procréer” qui, a-t-il dit, est une catégorie spécifique “grande consommatrice de médicaments”.

Cette étude a été réalisée sur un échantillon de 2603 personnes, âgées de plus de 18 ans toutes questionnées par téléphone. Le sondage s’est déroulé entre le 15 février et le 04 mars 2018, et la durée moyenne de l’entretien téléphonique était de 18 minutes.