MAROC
20/06/2018 17h:51 CET

Conseil national de la presse: trois listes en compétition face à un mode de scrutin "contesté"

Refus du mode de scrutin de liste bloquée.

FADEL SENNA via Getty Images

ÉLECTION - Le tribunal administratif qui devait se prononcer sur le recours de journalistes à la MAP, aujourd’hui, a reporté de 24 heures son verdict. Il devra donc trancher demain matin sur la légitimité de certains membres de la Commission de supervision des élections du Conseil national de la presse (CNP) mais aussi sur certaines conditions d’éligibilité et sur l’exclusion du vote des journalistes de l’agence de presse exerçant à l’étranger. Un recours que deux des trois listes en lice à cette première élection du genre, prévue le 22 juin, ne contestent pas.

La liste “Le Changement”, conduite par Ali Bouzerda, et la deuxième, “Fidélité et responsabilité”, avec à sa tête Abdessamad Bencherif, soutiennent, dans un communiqué conjoint, ce recours en justice et témoignent de “leur pleine confiance en la justice pour rectifier le processus (électif) et mettre un terme aux défaillances enregistrées”.

Les deux listes se disent même prêtes, en cas de développements, à entreprendre “de nouveaux recours devant le tribunal administratif et à déposer des pétitions auprès de la Cour constitutionnelle s’il le faut”. Et de porter la responsabilité de cette situation au gouvernement.

A deux jours des élections, les deux camps sont loin d’être satisfaits. Peu de temps et surtout “l’absence de stratégie depuis le début du processus des préparatifs à ce conseil” sont pointés du doigt. Les candidats reprochent au ministère de la Communication de n’avoir pas adopté “une approche participative” dans l’élaboration de ce conseil. Ils lui reprochent aussi d’avoir failli à sa mission de tutelle en confiant l’organisation de ces élections en sa totalité à la commission de supervision des élections qui ne se tiendront donc pas en vertu d’un arrêté ministériel tel que requis par la loi.

Le mode de scrutin est également contesté, précisent les leaders des deux listes, relayant l’avis des journalistes avec lesquels ils ont communiqués. Ces derniers expriment leur refus du mode de scrutin de liste bloquée (fermée), le qualifiant d’antidémocratique et anticonstitutionnel. Exclusion de certains au profit d’autres, c’est le souci qu’ils soulignent.

Autre défaillance: les deux listes attirent l’attention sur des critères de candidature plutôt contraignants, citant, entre autres, l’exigence de disposer de 15 années d’ancienneté pour se porter candidat. Ce qui “exclut toute une génération, en ignorant les mutations profondes que connaît le secteur, particulièrement la presse électronique et les radios privées”.

Les leaders des deux listes dénoncent également l’exclusion, par la commission de supervision, des journalistes travaillant dans des médias internationaux en Europe, en Amérique du Nord, dans les pays arabes et ailleurs, ceux accrédités au Maroc et ceux en mission à l’étranger, notamment les reporters de l’Agence nationale MAP.

Autre problème évoqué dans ce communiqué: l’exigence par la commission de supervision que les électeurs présentent leur carte de presse de l’année 2017 alors que les élections auront lieu en 2018.

                            Que dit l’article 28 de la constitution 

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