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10/09/2019 10h:47 CET | Actualisé 10/09/2019 10h:47 CET

Conseil de classe: Notons le troisième débat présidentiel de l’histoire de la Tunisie!

Ce fut, incontestablement, le groupe le plus faible sur le fond et la forme.

Télévision tunisienne
Extrait du débat du 09 septembre

Pour ce troisième round des débats présidentiels, l’ennui était au menu. Le casting a beaucoup déçu les internautes, avec un clivage entre des populistes performants et des “progressistes” autoproclamés qui n’arrivent pas à rivaliser. Ce fut, incontestablement, le groupe le plus faible sur le fond et la forme.

Au menu: Kais Said, Youssef Chahed, Hamma Hammami, Said Aidi, Selma Elloumi, Safi Said et Seifeddine Makhlouf.

⁃ Organisation : 

La structure est restée comme hier, avec la possibilité de réagir avec le droit de réponse qui n’a été utilise que très peu. Un débat qui a manqué cruellement de dynamisme.

⁃ Animateurs:

Chaker Besbes et Leila Hkiri ont été le duo le moins performant de ces trois débats: ils n’ont pas réussi à maitriser les candidats jusqu’à la toute fin ou Safi Said est entré en confrontation avec les deux journalistes: micro coupé, un candidat qui crie en fond..

⁃ Thématique et débat de fonds:

Quant aux thèmes de cette soirée, la question internationale a dominé. Peu de propositions, évidemment, mais étant donné la présence de certains candidats basant leur discours sur le néocolonialisme subi par la Tunisie, il fut difficile pour les autres de rebondir sur d’autres thématiques.

 

Ceux qui s’en sont sortis  

Kais Said - constance

Beaucoup ont découvert le candidat indépendant, hier soir. Mais le professeur était dans son registre habituel: débit de parole régulier, arabe littéraire soutenu et une idéologie conservatrice claire et nette. Kais Said veut étendre le domaine de la sécurité nationale à l’eau et la sécurité alimentaire et propose de ne pas se mêler des questions sur les libertés pour préserver “l’unité du peuple”.

Sur la forme, Kais Said a fait son meeting de son coté. Sans attaque et sans défense, il fut le personnage centrale des débats.

La phrase à retenir:

“Nous avons besoin de dignité et de respect, pas de pitié”.

 

Ceux qui ont eu des moments d’éclats 

Youssef Chahed - fais ce que je dis..

La performance de Chahed sur la forme fut, incontestablement, la mieux travaillée. Une excellente gestion du temps et des réponses du tac au tac.

Néanmoins, sur le fond, le chef du gouvernement “déchargé” parle d’une parité gouvernementale qu’il ne respecte pas, de subventions à la justice que beaucoup soupçonnent de travailler ses intérêts et d’une relance économique après 3 années à la tête d’un gouvernement en crise totale.

Sans tenir compte de son bilan, Youssef Chahed aurait été le vainqueur du débat d’hier soir. Mais si les électeurs le confrontent à ses actions, on ne peut que contempler l’incohérence. A noter qu’il ne s’est pas exprimé sur les questions relatives aux libertés.

La phrase à retenir:

“C’est devenu facile, tous ceux qui vont en prison accusent Youssef Chahed”.

 

Hamma Hammami - mal vieilli

Sur le fond, Hamma Hammami propose une réforme agraire pour soutenir l’agriculture Tunisienne et un refus de la moindre négociation au sujet de l’ALECA.

Le “moi président” emprunté à François Hollande et une lente adaptation à ce format.. sur la forme, Hamma a eu du mal. Néanmoins, il a réussi à se rattraper sur deux éclats: la confrontation avec Youssef Chahed et les questions internationales, notamment vis-à-vis d’Israel où il propose de criminaliser la normalisation avec “l’entité sioniste”.

La phrase à retenir:

“La corruption se trouve a ma gauche. (vers Youssef Chahed)”

 

Ceux qui étaient hors-sujet sur le fond 

 

Seifeddine Makhlouf - TLS contact

Makhlouf a une vision assez centrée de la politique intérieure et internationale: nous ne gouvernons pas. C’est la France et l’Occident qui nous gouvernent. Il n’a pas manqué de poigne sur la forme, où il a été le plus dynamique et celui qui proposait le plus de “spectacle”.

Néanmoins, sur le fond, le souverainisme de Makhlouf ressemble plutôt à une paranoïa poussée où il va jusqu’à lier les assassinats politiques en Tunisie à Israel.

La phrase à retenir: 

“Dans le désert, des entreprises françaises, allemandes et italiennes se battent pour le pétrole Tunisien”

 

Safi Said - angry bird

Il ne faut pas s’attarder dans l’analyse pour réaliser que Safi Said a un problème de fond. Malgré un tirage de questions qui lui était assez facile, il a très vite tourner en rond:

Le nationalisme arabe comme solution aux problèmes de souveraineté, le rétablissements des relations avec la Syrie et ensuite on tombe dans des concepts abstraits comme la “diplomatie courageuse”.

Le moment à retenir:

La fin de l’émission où Chaker Besbes essaye de calmer Safi Said et de lui expliquer que le débat est terminé, tandis que le candidat continue d’hurler, hors-camera et sans micro. Mythique. 

 

Ceux qui étaient hors sujets sur la forme 

 

Salma Elloumi - loin d’être prête

Salma avait de bonnes intentions, surement.. Mais sa difficulté à trouver les mots était largement visible. Peu de propositions, si ce n’est le renforcement de nos liens avec l’Europe et la priorité à l’économie.

La phrase à retenir:

“Donnons aux jeunes des prêts et réduisons les intérêts!”

 

Ceux qui étaient hors sujet, tout court

 

Saidi Aidi - dépassé

De la focalisation sur ses prénoms qui interrompt le débat jusqu’à fin où il réclame du temps de parole pour finir sur une phrase-slogan...Saidi Aidi semblait perdu. Il cherchait à se faire remarquer par tous les moyens, voire à se faire respecter sans y arriver. Retenons sa proposition de conclusion, quand même, où il a été l’un des rares à défendre la dépénalisation du Cannabis.

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