MAROC
16/10/2018 12h:28 CET

Condamné pour "terrorisme" au Maroc, Thomas Gallay extradé en France à la demande d'Emmanuel Macron

Il purge depuis 2016 une peine de quatre ans de prison ferme.

JUSTICE - Le Français Thomas Gallay, condamné en juillet 2016 au Maroc à une peine de six ans de prison ferme commuée ensuite à quatre ans pour soutien financier en vue de la commission d’actes de terrorisme, va être extradé en France à la demande du président français Emmanuel Macron.

L’ingénieur français de 38 ans, qui avait été arrêté à Essaouira avec neuf autres membres présumés d’une cellule terroriste, sera transféré dans une prison française pour purger le reste de sa peine, a annoncé lundi 15 octobre le ministère de la Justice dans un communiqué diffusé par la MAP.

Les autorités marocaines, qui ont répondu “favorablement à la demande formulée personnellement” par le président français, “ont donné leur accord pour le transfèrement du ressortissant de nationalité française” Thomas Gallay “afin de lui permettre de purger le reste de sa peine d’emprisonnement dans son pays”, précise le communiqué.

Le ministère souligne que l’approbation par le Maroc de la demande d’extradition “est intervenue après que toutes les conditions prévues par la loi ont été remplies, et ce, conformément aux dispositions légales nationales régissant la coopération judiciaire avec les pays étrangers, ainsi qu’au terme d’une application fluide des dispositions de la convention judiciaire bilatérale conclue en la matière” entre le Maroc et la France.

Selon la justice marocaine, Thomas Gallay aurait mis à disposition de “l’émir” du réseau terroriste ses compétences scientifiques en informatique “en vue de mettre au point et arranger des enregistrements et des vidéos de promotion de plans terroristes, analogues à ceux utilisés par l’organisation terroriste Daech”.

“Des supports et des médias électroniques contenant des vidéos de même nature ont été également retrouvés en possession du ressortissant français lors des perquisitions effectuées à son domicile”, note le ministère de la Justice, assurant que le Français a bénéficié “d’un procès équitable”.

Lors de son procès, la défense avait cependant indiqué que le procès verbal, rédigé en arabe, avait été signé par Thomas Gallay sans la présence d’un traducteur et comportait de fausses déclarations, notamment sur sa conversion à l’islam. Selon son avocat, il aurait simplement fourni environ 700 dirhams à l’un des membres de la cellule démantelée.

Le 12 août, la mère du prisonnier français, Béatrice Gallay, s’était rendue au Fort de Brégançon, lieu de villégiature du président français, pour demander à ce dernier l’extradition de son fils. “Emmanuel Macron m’a dit qu’il allait personnellement s’occuper de ce dossier, je lui fais confiance”, avait-elle confié au micro de RTL.

L’ambassade de France a Rabat avait fait savoir à plusieurs reprises que le ministère des Affaires étrangères suivait “avec attention” la situation du Français “dans le respect de l’indépendance de la justice marocaine”.